Un journal officiel irakien a relevé hier un changement de ton de Washington à l’égard de Bagdad, estimant néanmoins que l’hostilité des Etats-Unis envers l’Irak demeurait entière. «Le ton des menaces et des déclarations (des Etats-Unis) a radicalement changé en comparaison au langage que les responsables américains employaient lors des précédentes crises», écrit le journal al-Saoura, organe du parti Baas au pouvoir. «Il semblerait que la rage de la menace et de l’intimidation ait épargné cette fois la Maison-Blanche et le Pentagone», ajoute le journal. Selon le journal, cette transformation résulte de l’absence de soutien sur le plan international et arabe au recours à la force contre l’Irak et les appels répétés à la levée de l’embargo ainsi qu’à l’opposition de l’opinion publique américaine à l’emploi de la force militaire pour assurer le maintien des sanctions. «Mais ce qui intéresse essentiellement l’administration américaine reste le maintien de l’embargo comme l’a récemment affirmé le secrétaire d’Etat Madeleine Albright», poursuit al-Saoura. «Mais Albright refuse de reconnaître que les changements sérieux d’attitude envers l’Irak sur le plan arabe et international et même en Amérique conduiront à l’effritement et la levée de l’embargo, qu’Albright le veuille ou pas», conclut le quotidien. Le journal Babel, dirigé par le fils aîné du président Saddam Hussein, Oudaï, avait estimé dimanche que les Etats-Unis cherchaient à éviter une confrontation militaire avec l’Irak, contrairement à leur attitude lors des crises précédentes avec Bagdad. Démenti de l’ONU Par ailleurs, un porte-parole des Nations Unies à Bagdad a démenti hier les propos attribués par un quotidien des Emirats arabes unis à l’émissaire de l’ONU à Bagdad, M. Prakash Shah, selon lequel l’Irak camperait sur sa position dans la crise sur le désarmement. «M. Shah n’a accordé aucune interview au journal al-Bayane et les propos qui lui sont attribués sont faux», a déclaré le porte-parole, qualifiant le texte de l’interview publié par le journal de «complètement inventé». Le porte-parole s’est contenté de dire que M. Shah avait «transmis un rapport au secrétaire général des Nations Unies» Kofi Annan sur ses discussions à Bagdad, et que ce dernier devait en informer le Conseil de Sécurité. A Dubaï, le responsable de la section internationale du quotidien al-Bayane, M. Omar al-Omar, a affirmé que sa «correspondante à Bagdad avait effectué une interview» avec M. Shah, ajoutant que le texte, publié dans le journal sous forme de question-réponse, avait été reçu dimanche. L’Irak a décidé le 5 août de ne plus autoriser les experts en désarmement internationaux à inspecter de nouveaux sites, réclamant une modification de la composition de la Commission spéciale de l’ONU chargée de le désarmer (UNSCOM) qu’il accuse de faire le jeu des Etats-Unis. Le Conseil de Sécurité a jugé le 6 août l’attitude de l’Irak «inacceptable» sans toutefois brandir la menace de nouvelles actions pour forcer Bagdad à faire marche arrière. (AFP - Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un journal officiel irakien a relevé hier un changement de ton de Washington à l’égard de Bagdad, estimant néanmoins que l’hostilité des Etats-Unis envers l’Irak demeurait entière. «Le ton des menaces et des déclarations (des Etats-Unis) a radicalement changé en comparaison au langage que les responsables américains employaient lors des précédentes crises», écrit le journal al-Saoura, organe du parti Baas au pouvoir. «Il semblerait que la rage de la menace et de l’intimidation ait épargné cette fois la Maison-Blanche et le Pentagone», ajoute le journal. Selon le journal, cette transformation résulte de l’absence de soutien sur le plan international et arabe au recours à la force contre l’Irak et les appels répétés à la levée de l’embargo ainsi qu’à l’opposition de l’opinion publique...