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Actualités - Chronologie

Une révolution militaire plus qu'une insurrection populaire

Les partisans de la rébellion tentent de mobiliser la jeunesse de Goma, derrière les Forces armées congolaises (FAC) contre Laurent-Désiré Kabila, mais le mouvement d’opposition au président de la RDC ne parvient pas à susciter un élan populaire. C’est pourtant dans cette ville, capitale du nord-Kivu, qu’est né le mouvement de révolte contre le président de la République démocratique du Congo; c’est aussi là que les FAC, dirigées par le commandant Jean-Pierre Ondekane, ont installé leur quartier général. A l’initiative des Jeunes Congolais pour le soutien de la libération (JCSL), mouvement créé au lendemain du lancement de l’insurrection du 2 août, environ 150 jeunes ont manifesté à Goma pour soutenir le mouvement de rébellion initié par les FAC, mais les quelques 300.000 habitants de la ville se sont contentés de les regarder passer. «Ce mouvement regroupe plus de 200 jeunes qui veulent encourager les FAC dans leur mouvement de libération. Nous faisons de la sensibilisation, nous prônons la paix, la non-discrimination et l’idéologie de la nouvelle politique», a expliqué Justin Chilumba Menda, coordinateur des JCSL. «Nous voulons chasser Kabila, c’est un voyou. On ne connaît même pas sa femme. Il sacrifie la jeunesse et la population congolaise», ajoute Odin Clémence Murongani, rapporteur des JCSL. Les banderoles reprenaient le même message: «Vive la révolution, espoir de démocratie», «Non à la politique d’exclusion, adieu la katanganisation», «Non à la dictature, au népotisme, à la gabegie financière, adieu Kabila». Au chant de «Togolongola Kabila» («On va chasser Kabila», en ingala), les quelques jeunes, rassemblés pour l’occasion et entourés d’une cinquantaine de soldats de la police militaire, ont sillonné les rues de Goma dans une quasi-indifférence. «Les gens n’étaient pas prévenus de cette manifestation et c’est avant tout une manif de jeunes», a expliqué un responsable de la police de l’immigration qui participait à cette marche. «C’est très important que les jeunes soutiennent notre mouvement parce que tout le monde doit participer à la libération», estime Dieudonné Kabika, un des porte-parole AFDL du collège de direction de Goma, présent dans le cortège. «On va chasser Kabila. On va tuer Kabila. C’est un tueur et un voleur», crie les manifestants. Sur les trottoirs, les Gomatraciens refusent de hurler avec les loups. «Je suis pas aussi léger, un jour crier vive Kabila, le lendemain à mort Kabila, ça ne veut rien dire», se justifie un jeune commerçant d’un quartier populaire. «Marcher, défiler, c’est bon pour les gens qui ont le ventre plein. Nous ne sommes pas encore arrivés à ce niveau», ajoute une jeune femme. Pour certains, le problème de la rébellion est qu’il n’y a pas de nouvelle politique ni de nouveau leader. «Nous essayons de mettre sur pied dans la transparence les structures les plus démocratiques possibles pour éviter tout accaparement du pouvoir par un seul individu», avait déclaré l’un des responsables politiques de la rébellion, ajoutant: «Cette nouvelle révolution cherche à éviter la création de nouveaux Mobutu ou Kabila. C’est pour cela que nous n’avons encore désigné aucun leader». «Pour l’instant, ce mouvement insurrectionnel n’est pas encore un mouvement populaire, mais plutôt un mouvement de gens qui parlent au nom du peuple», estime un vieil homme originaire du Katanga. (AFP)
Les partisans de la rébellion tentent de mobiliser la jeunesse de Goma, derrière les Forces armées congolaises (FAC) contre Laurent-Désiré Kabila, mais le mouvement d’opposition au président de la RDC ne parvient pas à susciter un élan populaire. C’est pourtant dans cette ville, capitale du nord-Kivu, qu’est né le mouvement de révolte contre le président de la République démocratique du Congo; c’est aussi là que les FAC, dirigées par le commandant Jean-Pierre Ondekane, ont installé leur quartier général. A l’initiative des Jeunes Congolais pour le soutien de la libération (JCSL), mouvement créé au lendemain du lancement de l’insurrection du 2 août, environ 150 jeunes ont manifesté à Goma pour soutenir le mouvement de rébellion initié par les FAC, mais les quelques 300.000 habitants de la ville se...