La Malaisie ne compte pas sur une dépréciation de la monnaie chinoise
le 15 août 1998 à 00h00
Une dévaluation du yuan chinois changerait peu de choses pour la situation économique en Asie du Sud-Est, a assuré le premier ministre malaisien, Mahathir Mohamad, dans une interview diffusée vendredi par l’agence Chine Nouvelle. «Je suis très reconnaissant à la Chine de n’avoir pas dévalué sa devise jusqu’à présent», a déclaré M. Mahathir. «Mais aujourd’hui, comme les autres devises ont été trop dévaluées, même si le yuan était légèrement dévalué, cela ne nous affecterait pas tellement», a-t-il expliqué à l’agence officielle chinoise, estimant que la situation économique avait changé depuis le début de la crise financière régionale en juillet 1997. «Si la Chine avait dévalué il y a un an, cela aurait eu des conséquences très graves», a-t-il noté. Mais à présent «même si vous dévaluez légèrement, cela ne nous toucherait pas beaucoup et ne ferait pas beaucoup de différence». Les dirigeants chinois se sont engagés à maintenir la valeur de leur devise à 8,3 yuans pour un dollar en expliquant qu’une dévaluation relancerait la spirale des dévaluations compétitives en Asie. Cette décision, jugée pénalisante pour les exportations chinoises, a été saluée par les milieux financiers internationaux. Un troisième millénaire plutôt pessimiste Le chef du gouvernement malaisien s’est cependant interrogé sur la capacité de la Chine à tenir son engagement face à la forte baisse du yen japonais, tombé mercredi à son plus bas niveau depuis 8 ans face au dollar. Sur le plan politique, il s’est félicité de la stabilité de la Chine pour l’ensemble de l’Asie. «J’espère que même en phase de démocratisation, il n’y aura pas de déstabilisation en Chine», a-t-il déclaré. Il s’est cependant montré pessimiste quant à une reprise rapide des économies de la région. «Je pense que le monde va entrer dans le prochain millénaire avec des économies en très mauvais état», a-t-il prédit. «Une reprise rapide est très difficile. Mais nous aurons une reprise en augmentant notre commerce et en évitant d’utiliser le dollar, d’abord parce que nous n’en avons pas et ensuite parce qui si vous achetez des dollars pour régler vos importations, le dollar s’apprécie encore plus. C’est pourquoi nous avons passé des accords avec beaucoup de pays pour utiliser nos propres devises», a ajouté M. Mahathir. Le premier ministre a repris ses attaques habituelles contre les marchés financiers, estimant que les mouvements des devises n’avaient «rien à voir avec la façon dont nous gérons notre économie». Pour les cambistes, «la seule chose qui compte, c’est de gagner de l’argent. S’ils peuvent en gagner en faisant baisser notre monnaie et nos actions, ils continueront à le faire», a-t-il averti. M. Mahathir a répété que la Malaisie comptait sur ses propres forces pour sortir de la crise sans l’aide du Fonds Monétaire International, qui a volé au secours de la Thaïlande, de l’Indonésie et de la Corée du Sud.
Une dévaluation du yuan chinois changerait peu de choses pour la situation économique en Asie du Sud-Est, a assuré le premier ministre malaisien, Mahathir Mohamad, dans une interview diffusée vendredi par l’agence Chine Nouvelle. «Je suis très reconnaissant à la Chine de n’avoir pas dévalué sa devise jusqu’à présent», a déclaré M. Mahathir. «Mais aujourd’hui, comme les autres devises ont été trop dévaluées, même si le yuan était légèrement dévalué, cela ne nous affecterait pas tellement», a-t-il expliqué à l’agence officielle chinoise, estimant que la situation économique avait changé depuis le début de la crise financière régionale en juillet 1997. «Si la Chine avait dévalué il y a un an, cela aurait eu des conséquences très graves», a-t-il noté. Mais à présent «même si vous...
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