Le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, a réagi à la décision de la Cour suprême du Canada, qui dénie au Québec un droit unilatéral de sécession, en déclarant qu’elle n’affectait en rien le calendrier électoral de la province et légitimerait la cause sécessionniste. Récemment, certains signes portaient à croire qu’une élection générale serait organisée d’ici la fin de l’automne et serait suivie d’un nouveau référendum en cas de victoire du camp souverainiste. Lucien Bouchard a en outre estimé que le jugement de la Cour suprême confère un avantage certain aux souverainistes en détruisant ce qu’il a appelé les «mythes» propagés par le gouvernement fédéral canadien depuis plusieurs années. Bouchard a notamment mis l’accent sur le fait que, selon la Cour, un vote «qualitatif» — plutôt que «quantitatif» — permettrait au Québec de quitter le Canada. «La Cour souhaite que les éléments favorisant la qualité du vote, comme la clarté de la question, soient mis en place», a-t-il dit lors d’une conférence de presse. Selon le premier ministre québécois, le fait que la Cour impose au gouvernement canadien de négocier avec le Québec, si la population se prononçait par référendum pour la sécession, pourrait mener les souverainistes à la victoire. Lucien Bouchard estime que la peur de voir Ottawa refuser de négocier avec le Québec aurait coûté la victoire aux souverainistes lors du dernier référendum de 1995, que les partisans du maintien au sein du Canada avaient emporté de moins d’un point. M. Bouchard a indiqué que la décision de la Cour était contraignante pour la Canada et qu’elle renforcerait le mouvement séparatiste dans la Belle Province. «La Cour a affirmé, d’un bout à l’autre de son avis, le caractère politique de la démarche qui serait légitimement enclenchée par un référendum québécois sur la souveraineté», a souligné le premier ministre. Les commentaires de Bouchard surviennent au lendemain de la décision historique de la plus haute cour au pays, qui a aussi statué que le Canada serait obligé de négocier avec le Québec en cas de victoire lors d’un futur référendum. Bouchard a soutenu que cela était l’élément-clé de la décision. «Si les citoyens avaient eu cette certitude lors du référendum (de 1995), je crois qu’on aurait gagné. Le jugement changera la face du prochain référendum», a-t-il dit en conférence de presse dans la capitale québécoise. Bouchard s’est dit satisfait du fait que le gouvernement fédéral devra négocier avec la province francophone après un référendum gagnant. «Après un oui, si le Canada et les provinces se montraient intransigeants face au Québec, la reconnaissance du Québec en serait facilitée. La Cour vient donc de nous donner une des conditions supplémentaires de succès des négociations», selon lui. «Je crois que la décision est réconfortante pour le projet souverainiste, et en tant que tel, devrait nous aider lors de la prochaine élection et surtout lors du référendum», a-t-il indiqué. Bouchard a promis de tenir un autre référendum sur la sécession lors d’un prochain mandat, s’il est réélu. Le premier ministre a affirmé que la décision de la Cour suprême n’aurait aucune influence sur le calendrier électoral, ce qui veut dire qu’il ne déclenchera pas d’élections anticipées. Selon les sondages, il est loin d’être certain que les séparatistes remporteraient des élections si elles avaient lieu cet automne. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, a réagi à la décision de la Cour suprême du Canada, qui dénie au Québec un droit unilatéral de sécession, en déclarant qu’elle n’affectait en rien le calendrier électoral de la province et légitimerait la cause sécessionniste. Récemment, certains signes portaient à croire qu’une élection générale serait organisée d’ici la fin de l’automne et serait suivie d’un nouveau référendum en cas de victoire du camp souverainiste. Lucien Bouchard a en outre estimé que le jugement de la Cour suprême confère un avantage certain aux souverainistes en détruisant ce qu’il a appelé les «mythes» propagés par le gouvernement fédéral canadien depuis plusieurs années. Bouchard a notamment mis l’accent sur le fait que, selon la Cour, un vote «qualitatif» —...