La Chine a répété mardi qu’elle n’envisageait pas de dévaluer le yuan et mis les marchés financiers en garde contre des attaques spéculatives, malgré la baisse du yen japonais qui accroît la pression sur ses exportations. «J’aimerais rappeler aux spéculateurs que la Chine est un acteur important. Ne faites pas de mauvais calculs», a lancé le vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine (BPC, banque centrale), Liu Mingkang, au cours d’une conférence de presse. M. Liu a laissé entendre que la Chine n’hésiterait pas à utiliser ses considérables réserves de changes (les deuxièmes du monde après celles du Japon) pour défendre le yuan, comme elle l’a fait au cours des derniers jours. La Chine prendra «les mesures nécessaires pour défendre la stabilité de la valeur de la monnaie», a-t-il déclaré en réponse à une question sur les interventions de l’institut d’émissions constatées sur le marché des changes de Shanghai. Selon des cambistes interrogés dans la capitale économique chinoise, la BPC est à nouveau intervenue mardi matin en vendant des dollars afin de soutenir le yuan. L’intervention a permis de ramener le dollar à 8,2795 yuan contre 8,2849 dans la matinée, ont-ils indiqué. Le yuan n’est pas convertible hors de Chine, ce qui permet à la banque centrale d’ajuster aisément sa valeur sur le marché interbancaire national, où seules sont négociées les devises utilisées pour régler des échanges commerciaux. M. Liu a cependant reconnu l’existence d’un marché parallèle de devises et admis implicitement que les autorités avaient peu de moyens pour empêcher son développement. «Le marché noir s’arrêtera grâce à l’amélioration de la situation économique et à la stabilité du yuan», a-t-il espéré. Selon des cambistes de Shanghai, l’intervention de la BPC lundi matin a été ressentie aussi sur le marché noir, où le billet vert revenait à 8,96 yuan contre 9,08 la veille. De nombreux experts financiers redoutent que la Chine ne revienne sur sa promesse de ne pas dévaluer sa devise, en raison du ralentissement de ses exportations provoqué par la chute des devises des pays voisins. En juin, Pékin s’était publiquement alarmé de la faiblesse du yen face au dollar, convainquant la Réserve fédérale américaine et la Banque du Japon d’intervenir sur les marchés pour renflouer la monnaie nippone. Mais l’effet de cette intervention a été de courte durée et le yen s’échangeait ces derniers jours à ses niveaux pratiquement les plus bas depuis huit ans. Le Japon absorbe près d’un cinquième des exportations chinoises. Mardi, les douanes chinoises ont annoncé une hausse de 3,5% des exportations en juillet, y voyant une confirmation de la reprise des ventes de la Chine à l’étranger après le résultat de juin (+1,6%) qui avait effacé la baisse de mai (-1,5%), la première depuis deux ans. Sur les sept premiers mois de l’année, les exportations sont en hausse de 6,9%, mais restent sous l’objectif de 10% fixé par le gouvernement pour l’ensemble de l’année. Pour la première fois depuis cinq ans et demi, le volume total du commerce extérieur s’est contracté en juillet (-0,9%), en raison d’un plongeon de 6,4% des importations. Le volume des importations est en fait le plus élevé depuis le début de l’année, mais il baisse sur un an en raison de la hausse exceptionnelle enregistrée lors du mois de référence, en juillet 1997, selon les explications officielles. L’atonie des importations depuis le début de l’année (+0,7%) reste cependant un signe de la faiblesse de la demande intérieure. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Chine a répété mardi qu’elle n’envisageait pas de dévaluer le yuan et mis les marchés financiers en garde contre des attaques spéculatives, malgré la baisse du yen japonais qui accroît la pression sur ses exportations. «J’aimerais rappeler aux spéculateurs que la Chine est un acteur important. Ne faites pas de mauvais calculs», a lancé le vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine (BPC, banque centrale), Liu Mingkang, au cours d’une conférence de presse. M. Liu a laissé entendre que la Chine n’hésiterait pas à utiliser ses considérables réserves de changes (les deuxièmes du monde après celles du Japon) pour défendre le yuan, comme elle l’a fait au cours des derniers jours. La Chine prendra «les mesures nécessaires pour défendre la stabilité de la valeur de la monnaie», a-t-il déclaré en...