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Actualités - Chronologie

Le Pakistan relance la conférence du désarmement

La conférence du désarmement (CD) de Genève, qui piétinait depuis près de deux ans, a connu une relance spectaculaire, avec une importante concession du Pakistan, qui a accepté de négocier l’arrêt de la production de matières fissiles nucléaires à des fins militaires. Le Pakistan a procédé en mai à six explosions nucléaires souterraines après cinq essais réalisés par l’Inde qui avait déjà fait exploser un engin nucléaire en 1974. Ces explosions avaient suscité de vives réactions dans de nombreux pays et des sanctions américaines. Des entretiens se sont tenus la semaine dernière à Islamabad entre le secrétaire d’Etat adjoint Strobe Talbott et le secrétaire pakistanais aux Affaires étrangères Shamshad Ahmed. Le Pakistan a un besoin pressant de l’aide du Fonds monétaire international (FMI) et, selon des experts, l’ouverture pakistanaise à la CD serait liée à un engagement américain de ne pas bloquer les discussions au FMI. Faisant directement référence à ces conversations, le représentant pakistanais à la conférence Munir Akram a annoncé en séance plénière que «le Pakistan et les Etats-Unis sont tombés d’accord pour soutenir le lancement immédiat de négociations sur un traité non discriminatoire, universel et effectivement vérifiable interdisant la production de matières fissiles pour des armes nucléaires ou autres engins explosifs nucléaires». «Cut-off» Depuis la conclusion du traité d’interdiction totale des essais nucléaires (CTBT) en 1996, la conférence du désarmement essayait sans succès de lancer un nouveau cycle de négociations, les Occidentaux souhaitant que la priorité soit donnée à l’arrêt de la production des matières fissiles, «cut-off» dans le jargon de la conférence. Les matières fissiles, uranium très enrichi ou plutonium, sont indispensables pour les bombes tant classiques que thermonucléaires. Comme elles vieillissent en perdant progressivement leur efficacité, si leur production est arrêtée, les ogives nucléaires existantes ne pourront pas être rechargées, ce qui neutralisera les arsenaux nucléaires existants au bout d’un certain nombre d’années. L’acceptation pakistanaise, de l’avis de différents experts, ouvre la voie à la constitution d’un groupe ad hoc de négociation d’un tel traité. Ces experts ne s’attendent pas à une opposition déclarée de l’Inde ni des pays concernés au Proche-Orient, à savoir principalement Israël qui de notoriété publique possède des armes nucléaires, ni de l’Egypte qui exprime souvent une position commune des pays arabes. Des consultations sur la création d’un groupe de négociation du cut-off vont s’engager dès la semaine prochaine, à la demande quasi unanime des pays qui sont intervenus jeudi. Les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, notamment, se sont félicité de l’annonce pakistanaise. Celle-ci est «bienvenue» et ouvre la voie à l’établissement rapide d’un comité de négociation d’un futur traité FMCT (fissile material cut-off treaty), a dit le représentant américain Robert Grey. Pour la France, l’ambassadeur Joëlle Bourgois a salué «un grand pas vers l’ouverture de la négociation «cut-off» qu’attend depuis cinq ans la communauté internationale», négociation devant conduire à «une étape décisive vers le désarmement nucléaire». Mme Bourgois a d’autre part rappelé que la France et l’Allemagne venaient de ratifier la convention d’Ottawa interdisant les mines anti-personnel. Dans son intervention, le représentant pakistanais a dénoncé «l’asymétrie» des moyens nucléaires militaires du Pakistan et de l’Inde, beaucoup plus puissante selon lui, et qu’il convient de «convaincre de ne pas aller de l’avant avec sa menace de rendre opérationnelles ses armes nucléaires, sous la forme du déploiement militarisé de missiles balistiques et autres vecteurs». (AFP)
La conférence du désarmement (CD) de Genève, qui piétinait depuis près de deux ans, a connu une relance spectaculaire, avec une importante concession du Pakistan, qui a accepté de négocier l’arrêt de la production de matières fissiles nucléaires à des fins militaires. Le Pakistan a procédé en mai à six explosions nucléaires souterraines après cinq essais réalisés par l’Inde qui avait déjà fait exploser un engin nucléaire en 1974. Ces explosions avaient suscité de vives réactions dans de nombreux pays et des sanctions américaines. Des entretiens se sont tenus la semaine dernière à Islamabad entre le secrétaire d’Etat adjoint Strobe Talbott et le secrétaire pakistanais aux Affaires étrangères Shamshad Ahmed. Le Pakistan a un besoin pressant de l’aide du Fonds monétaire international (FMI) et, selon...