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Actualités - Reportage

Professions Coiffeur : la diplomatie au bout des ciseaux

Un coiffeur c’est un peu comme un psychiatre. Il vous installe dans un fauteuil (à défaut d’un divan), vous écoute avec une patience d’ange et contribue à vous donner un meilleur reflet de vous-même. Il a tendance à couper les cheveux en quatre, c’est vrai mais les bobos de l’âme, tout comme ceux du cuir chevelu, n’ont aucun secret pour lui. En principe. Profil type du figaro zélé bien de chez nous: nom de guerre, Georges, Joe, Mike, Elie, Samir ou Zouzou, de préférence. Détail vestimentaire: chemise large, bariolée ou noire, en total look. Signe particulier: peu disert mais possédant un sens kissingérien de la diplomatie. «Notre métier a complètement changé ces quinze dernières années,» explique un de ces «artistes capillaires» comme ils aiment à se nommer. «Avant, les femmes venaient pour se faire coiffer, pour être belles et séduire leur mari. Aujourd’hui, elles attendent quelque chose de plus. A nous de les découvrir, de mettre en valeur leur personnalité...» «Les plus difficiles sont celles qui se cherchent. Je me souviens de cette sirène blonde et extravagante qui m’a sorti de sa poche une photo de Catherine Deneuve. C’est exactement «ça» qu’elle voulait. Je me suis contenté d’une coupe et d’un brushing. «Mais je suis trop classique , j’ai l’air d’une dame», s’est-elle exclamée. Métier oblige, on a remouillé les cheveux et on a tout recommencé. Un des gros problèmes, c’est l’identification à la star. Tous les jours, des femmes viennent nous demander des coiffures à la Marylin ou plus fréquemment à la Cindy Crawford... Tout ce qu’on peut faire c’est l’imiter et limiter les dégâts. On est obligé de jouer le jeu mais quand elles nous supplient de leur faire une décoloration totale ou de leur raser la nuque, il est sûr qu’une fois l’opération terminée, si elles ne sont satisfaites, c’est sur nous que ça retombe.» Question de diplomatie, de savoir-faire. Comme ces fétichistes du cheveu long qui viennent se couper «les pointes» et se raidissent dès qu’elles voient approcher le ciseau... Délicat aussi, le cas de celles qui, «ratées» par un autre, viennent se faire «réparer». Celles-là arrivent toutes griffes dehors, hérissées et on les comprend... Ce n’est pas une mince affaire de les détendre et de les mettre en confiance. «Le pire, sourit le bonhomme, c’est la coiffure du soir ou la coiffure de mariage. Je reverrai toujours cette jeune fille avec un tout petit visage qu’il fallait affubler d’une énorme couronne de fleurs, genre mortuaire... «Je ne peux pas faire ça, on ne va plus vous voir la dessous.» La jeune fille avait l’air atterrée. Sa mère avait dû payer «ça» une fortune. Que faire? J’ai pris mes ciseaux et j’ai taillé dans la masse. La mère m’en veut encore!». Si seulement les compétences du bon coiffeur se limitaient à une bonne technique doublée de diplomatie... «On est parfois acculé à jouer les psychologues, et pire, à donner des conseils. «Qu’est ce que vous feriez à ma place?» me demandent des clientes confrontées à des problèmes sentimentaux, de famille, de travail... et cela peut aller plus loin. Certaines me parlent de choses très graves, de maladies qu’elles ne veulent pas ébruiter... Savoir garder un secret, cela fait aussi partie du métier. Et puis il y a les jours où je me transforme en médecin. Car il y a aussi celles qui se trouvent mal. Elles ont couru, elles sont pressées, stressées... Au moment de la pause, la baisse de pression est trop forte». Et c’est l’hypoglycémie. Alors docteur coiffeur sort ses sucres, ses jus de citron, ses cours de respiration... «Quand on prend ce métier à cœur, j’avoue qu’on est littéralement crevé en fin de semaine. Et qu’on a un grand besoin de solitude. Mes dimanches sont presque toujours solitaires. C’est à ce moment que je recharge mes accus...»
Un coiffeur c’est un peu comme un psychiatre. Il vous installe dans un fauteuil (à défaut d’un divan), vous écoute avec une patience d’ange et contribue à vous donner un meilleur reflet de vous-même. Il a tendance à couper les cheveux en quatre, c’est vrai mais les bobos de l’âme, tout comme ceux du cuir chevelu, n’ont aucun secret pour lui. En principe. Profil type du figaro zélé bien de chez nous: nom de guerre, Georges, Joe, Mike, Elie, Samir ou Zouzou, de préférence. Détail vestimentaire: chemise large, bariolée ou noire, en total look. Signe particulier: peu disert mais possédant un sens kissingérien de la diplomatie. «Notre métier a complètement changé ces quinze dernières années,» explique un de ces «artistes capillaires» comme ils aiment à se nommer. «Avant, les femmes venaient pour se faire...