Le chef de la diplomatie française, Hubert Védrine, effectue lundi et mardi une visite en Arabie Séoudite, pays avec lequel la France partage des points de vue très proches sur l’Irak et le processus de paix, comme l’a montré la crise entre Bagdad et l’ONU. Il s’agit du premier déplacement officiel de M. Védrine à Ryad et dans le Golfe, une région qui dépend des Etats-Unis pour sa sécurité et son économie mais qui nourrit de plus en plus de velléités de s’en distancier. «L’Arabie Séoudite est un partenaire majeur, qui a une place et un rôle incontournables dans la région», a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Anne Gazeau-Secret. M. Védrine sera reçu par le prince héritier Abdallah ben Abdel Aziz, le ministre de la Défense, le prince Sultan. Une audience avec le roi Fahd est envisagée, a indiqué le porte-parole. M. Védrine s’entretiendra mardi avec son homologue séoudien, Saoud al-Fayçal, frère du roi, qui est à la tête de la diplomatie du royaume depuis 23 ans. La crise entre l’Irak et l’ONU devrait figurer en bonne place dans les entretiens entre M. Védrine et les responsables séoudiens. Comme Paris, Ryad insiste pour que l’Irak applique toutes les résolutions de l’ONU. Pour la première fois cependant depuis la guerre du Golfe, les Séoudiens se sont démarqués des Américains en refusant d’octroyer des facilités militaires aux Etats-Unis en cas de frappe. Les responsables français sont restés durant cette crise en «étroite concertation» avec Ryad. Les dirigeants séoudiens ne nourrissent aucune illusion sur Saddam Hussein, mais ne cachent pas leur inquiétude quant aux conséquences de la crise irakienne sur le processus de paix. Dans une récente interview au quotidien britannique «Financial Times», le prince Saoud al-Fayçal a estimé que cette crise avait «détourné l’attention du processus de paix et permis une détérioration de la stabilité régionale». Ce faisant, il a réfuté le point de vue américain qui souhaite traiter ces deux dossiers de façon séparée, ce qui correspond également à la façon de voir de Paris, estime-t-on de source diplomatique. Favorable à un rapprochement avec Téhéran, également souhaité par Paris, le prince Saoud a affirmé que la politique israélienne vis-à-vis des Palestiniens était «l’élément le plus déstabilisateur du Moyen-Orient, et la cause de tous les problèmes de la région». Les relations bilatérales sur les plans politique et économique seront également au menu des entretiens de M. Védrine à Ryad. La France est depuis des années en concurrence avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis pour un contrat qui porte sur environ 300 chars et dont la valeur est estimée entre 2 et 3 milliards de dollars. La présence française en Arabie Séoudite reste pourtant très faible, et les hommes d’affaires séoudiens regrettent la «frilosité» des industriels français dans leur pays, qui possède le quart des réserves mondiales de pétrole. Pour les dix premiers mois de 1997, les exportations françaises se sont montées à seulement 7,2 milliards de francs (1,2 md USD), le huitième de ce que vendent les Américains à ce pays (8,5 mds USD en 1997). (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le chef de la diplomatie française, Hubert Védrine, effectue lundi et mardi une visite en Arabie Séoudite, pays avec lequel la France partage des points de vue très proches sur l’Irak et le processus de paix, comme l’a montré la crise entre Bagdad et l’ONU. Il s’agit du premier déplacement officiel de M. Védrine à Ryad et dans le Golfe, une région qui dépend des Etats-Unis pour sa sécurité et son économie mais qui nourrit de plus en plus de velléités de s’en distancier. «L’Arabie Séoudite est un partenaire majeur, qui a une place et un rôle incontournables dans la région», a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Anne Gazeau-Secret. M. Védrine sera reçu par le prince héritier Abdallah ben Abdel Aziz, le ministre de la Défense, le prince Sultan. Une audience avec le roi Fahd...