M. Ezer Weizman, réélu haut la main mercredi dernier à la présidence de l’Etat d’Israël, a donné à sa charge avant tout honorifique une fonction politique plus marquée qu’aucun de ses prédécesseurs. Pendant son premier mandat de cinq ans, M. Weizman, 73 ans, s’est créé de nombreuses inimitiés à droite comme à gauche en demandant de freiner le processus les travaillistes, puis de l’accélérer depuis que la droite est revenue au pouvoir en 1996. Très populaire, connu pour son franc-parler et son caractère entier, M. Weizman a lui-même connu un parcours politique en zigzag, passant de la droite nationaliste à la gauche pacifiste, avant de revenir au centre. Il a pressé à plusieurs reprises le premier ministre Benjamin Netanyahu de débloquer les négociations avec les Palestiniens. Il a même provoqué l’an dernier la colère de la droite en appelant les Etats-Unis à faire pression sur le gouvernement pour débloquer les discussions. Mais à l’époque où Yitzhak Rabin, le premier ministre travailliste assassiné, était au pouvoir, M. Weizman avait appelé à une suspension des négociations à la suite d’attentats, ce qui avait suscité l’ire de la gauche. Ces coups d’éclats sont typiques d’un personnage haut en couleur considéré comme une sorte de trublion de la politique israélienne. Né à Tel-Aviv, il fait partie de l’aristocratie «sabra», c’est-à-dire des juifs d’Israël nés dans le pays. Neveu du premier président israélien Haïm Weizman, il fait ses débuts militaires dans la Royal Air Force pendant la Seconde Guerre mondiale. Il effectue ensuite une brillante carrière dans l’armée israélienne, devenant commandant de l’aviation (1958-66) puis chef d’état-major adjoint (1966-69). Comme beaucoup d’ex-généraux en Israël, il entre alors en politique et opte pour le camp de la droite. Il occupe une série de postes ministériels dont la Défense (77-80), où il fut l’un principaux artisans des accords de paix avec l’Egypte. Mais il démissionne du gouvernement et devient «colombe» en rejoignant le Parti travailliste. Ministre des Sciences dans un gouvernement d’union nationale, il brave la loi interdisant tout contact avec l’OLP, et rencontre secrètement en 1989 un responsable de la centrale palestinienne à Genève, M. Nabil Ramlaoui. L’affaire lui coûte sa place au sein du cabinet de sécurité. Il prend ensuite ses distances avec les travaillistes après avoir échoué à convaincre Yitzhak Rabin et Shimon Pérès, les éternels frères ennemis du parti, de laisser la place à une nouvelle génération. Après une courte traversée du désert, il est élu président en mai 1993. A ce poste, M. Weizman cultive volontiers son image d’ancien soldat machiste, amateur de plaisanteries lestes et de jugements tranchés, ce qui le contraint à présenter successivement ses excuses aux femmes, aux homosexuels et aux religieux. Ainsi, en octobre dernier, les rabbins ont vu rouge lorsqu’il a proclamé que certains passages de la Bible «ne méritaient pas d’être lus», en faisant allusion aux paroles de Moïse promettant un bain de sang aux ennemis du peuple juif. Ces écarts ne lui ont pas aliéné la sympathie de la population. Selon un sondage rendu public par la radio mercredi, avant le vote du Parlement, 79% des Israéliens estimaient que M. Weizman est «digne d’être président», contre seulement 8% qui optaient pour son adversaire de droite Shaoul Amor. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats M. Ezer Weizman, réélu haut la main mercredi dernier à la présidence de l’Etat d’Israël, a donné à sa charge avant tout honorifique une fonction politique plus marquée qu’aucun de ses prédécesseurs. Pendant son premier mandat de cinq ans, M. Weizman, 73 ans, s’est créé de nombreuses inimitiés à droite comme à gauche en demandant de freiner le processus les travaillistes, puis de l’accélérer depuis que la droite est revenue au pouvoir en 1996. Très populaire, connu pour son franc-parler et son caractère entier, M. Weizman a lui-même connu un parcours politique en zigzag, passant de la droite nationaliste à la gauche pacifiste, avant de revenir au centre. Il a pressé à plusieurs reprises le premier ministre Benjamin Netanyahu de débloquer les négociations avec les Palestiniens. Il a même provoqué l’an...