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Actualités - Chronologie

Bagdad se serait procuré aux USA une bacille pathogène du charbon

Un laboratoire américain a livré à l’Irak au milieu des années 1980 trois souches de bacille du charbon d’une variété pathogène, ce qu’a en revanche refusé de faire un centre de recherche britannique, affirme le quotidien parisien «Le Figaro» dans son édition de jeudi. Peu après que Bagdad eut secrètement lancé au début de 1985 un programme de production d’armes biologiques, «un laboratoire de référence américain basé à Rockville, dans l’Etat du Maryland (nord-est des Etats-Unis), l’«American Type Culture Collection», a exporté trois souches de bacilles du charbon de la variété «vollum», connue pour être pathogène», précise le journal. Selon «Le Figaro», les chercheurs du laboratoire en question ont confirmé avoir bien envoyé de telles souches à l’Irak, mais se sont refusé à donner plus de précision sur l’année et les conditions de cet envoi. Le journal s’est appuyé sur les indications d’un ancien membre de l’UNSCOM, la commission spéciale de l’ONU chargée des inspections en Irak, Raymond Zilinskas, lui-même chercheur à l’université du Maryland. Selon M. Zilinskas, les Irakiens ont demandé également des souches pathogènes de bacille du charbon à l’institut britannique Porten Down, installé à Salisbury (Wiltshire, sud de l’Angleterre) et dépendant à la fois du Service de santé national (Nation Health Service) et du ministère britannique de la Défense. Demande bien réelle et formulée «aux alentours des années 1985 ou 1986», mais qui a été rejetée, a affirmé au «Figaro» l’un des deux responsables du laboratoire de référence de la maladie du charbon à Porten Down, M. Peter Turnbull. Toujours selon M. Zilinskas, en 1986 ou 1987, l’Institut Pasteur de Paris a également exporté vers l’Irak des souches de bacille du charbon mais «d’une souche vivante atténuée, non pathogène, utilisée à des fins vaccinales». Interrogé par «Le Figaro», le chef de l’unité toxines et pathogénie bactérienne de l’Institut Pasteur, Mme Michèle Mock, a estimé «plus que vraisemblable» que le célèbre institut ait «fourni à des scientifiques irakiens, dans les années 1985, des souches de bacille du charbon à partir des collections entreposées ici». «Mais, a-t-elle ajouté, cela n’a rien de surprenant dans la mesure où c’est la mission des CIP, les collections de l’Institut Pasteur, qui répertorient les souches de référence». En outre, a poursuivi le journal, «des industriels suisses, autrichiens et suédois ont fourni les fermenteurs qui finalement ont été utilisés pour produire de grandes quantités de bactéries dangereuses». A la décharge de ces fournisseurs, dont l’article ne donne pas les raisons sociales, «Le Figaro» note qu’il s’agit d’équipements servant habituellement à l’industrie pharmaceutique ou à produire des aliments pour le bétail. (AFP)
Un laboratoire américain a livré à l’Irak au milieu des années 1980 trois souches de bacille du charbon d’une variété pathogène, ce qu’a en revanche refusé de faire un centre de recherche britannique, affirme le quotidien parisien «Le Figaro» dans son édition de jeudi. Peu après que Bagdad eut secrètement lancé au début de 1985 un programme de production d’armes biologiques, «un laboratoire de référence américain basé à Rockville, dans l’Etat du Maryland (nord-est des Etats-Unis), l’«American Type Culture Collection», a exporté trois souches de bacilles du charbon de la variété «vollum», connue pour être pathogène», précise le journal. Selon «Le Figaro», les chercheurs du laboratoire en question ont confirmé avoir bien envoyé de telles souches à l’Irak, mais se sont refusé à donner...