Les forces armées irakiennes ne sont que l’ombre de l’appareil militaire fort d’un million d’hommes qui avait envahi le Koweit en 1990, mais les Américains les prennent tout de même très au sérieux. L’armée de l’air de Bagdad est en déliquescence, les armes sont en mauvais état, le nombre des soldats a diminué, mais l’état-major américain reste prudent: «Nous avons eu un succès retentissant en 1991», mais «je pense que ce serait une erreur de penser que ce serait automatiquement la même chose cette fois», notait cette semaine un haut responsable du département de la Défense à Washington. Beaucoup a été écrit sur les leçons tirées de la guerre du Golfe par les Américains, mais le président irakien, Saddam Hussein, a appris également, souligne-t-on au Pentagone. Ainsi, incapable de maintenir son armée au même niveau, il a restructuré le commandement et a réorganisé ses forces, estimées à 387.500 hommes. Les experts soulignent que la Garde républicaine, les unités d’élite, forment maintenant le cœur de l’armée irakienne. Selon eux, plutôt qu’une force destinée à aller au-delà de ses frontières, cette armée est désormais organisée autour de Bagdad pour protéger le régime, se déplacer rapidement pour écraser tout désordre intérieur et se disperser face à une attaque aérienne américaine. «Il a nettement amélioré ses forces armées, en particulier en développant le professionnalisme de ses troupes d’élite comme la Garde républicaine», a noté le haut responsable du Pentagone. «Je soupçonne que l’opération Tempête du Désert a été pour lui une expérience instructive en ce qui concerne les tactiques et techniques de dispersion, (...) notamment les unités d’élite», a-t-il ajouté. L’Irak dispose de six divisions de la Garde républicaine et de six brigades spéciales, chargées de la sécurité du président, des palais présidentiels et de certaines usines militaires. Il a également six divisions blindées et mécanisées et douze divisions d’infanterie, mais celles-ci sont considérées à 50% de leurs possibilités par l’Institut des Etudes stratégiques internationales de Londres. Enfin, ses forces de sécurité et de renseignement sont estimées entre 35.000 et 45.000 hommes. Une frappe chirurgicale Le New York Times affirmait samedi en citant des responsables américains que les Etats-Unis envisageaient de bombarder l’Irak pendant quatre jours, 24 heures sur 24, si la décision d’une action militaire était prise. Le nouveau plan consiste en une frappe chirurgicale visant principalement les installations militaires, afin de réduire la capacité de l’Irak à utiliser et à produire les armes biologiques et chimiques, expliquait le New York Times. Mais les experts militaires à Washington ne pensent pas vraiment que de telles frappes ébranleraient la cohésion des forces autour de Saddam Hussein. «Il contrôle bien son appareil militaire» et «de grandes portions de son armée soutiennent fortement son régime», a déclaré cette semaine le général Henry Shelton. Par ailleurs, même si le matériel militaire est en mauvais état, l’Irak a réussi à remettre en place une industrie permettant de réparer les principaux armements. Bagdad a également continué à mettre au point des missiles Scud d’une portée de moins de 150 km, effectuant récemment un essai, a souligné de son côté un expert de l’Irak au Service de recherches du Congrès, Kenneth Katzman. Et si les soupçons de Washington s’avèrent exacts, il disposerait encore de missiles Scud de plus longue portée et de systèmes de lancement mobiles, cachés depuis la guerre du Golfe et qui pourraient être équipés d’armes biologiques ou chimiques. En cas d’attaque, les Etats-Unis seront enfin d’autant plus prudents que l’Irak est largement équipé en armements autiaériens, «des milliers», selon le Pentagone. Si les appareils américains volent en général trop haut pour être atteints, la menace reste réelle. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les forces armées irakiennes ne sont que l’ombre de l’appareil militaire fort d’un million d’hommes qui avait envahi le Koweit en 1990, mais les Américains les prennent tout de même très au sérieux. L’armée de l’air de Bagdad est en déliquescence, les armes sont en mauvais état, le nombre des soldats a diminué, mais l’état-major américain reste prudent: «Nous avons eu un succès retentissant en 1991», mais «je pense que ce serait une erreur de penser que ce serait automatiquement la même chose cette fois», notait cette semaine un haut responsable du département de la Défense à Washington. Beaucoup a été écrit sur les leçons tirées de la guerre du Golfe par les Américains, mais le président irakien, Saddam Hussein, a appris également, souligne-t-on au Pentagone. Ainsi, incapable de maintenir son...