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Actualités - Chronologie

Colère et inquiéude à Cavalese

Le maire et les habitants de Cavalese ont exprimé tout haut leur colère et leur inquiétude, au lendemain de l’accident du téléphérique. L’enquête judiciaire a commencé par la saisie tant du téléphérique, dont la cabine a été réduite à un tas de ferraille baignant dans une mare de sang, que de l’avion, dont selon quelques habitants de la région, cités par la police locale, des fragments auraient été retrouvés à proximité des lieux de l’accident. L’avion américain, qui serait passé sous le téléphérique, coupant le câble porteur de 50 millimètres de diamètre et le câble de traction moins épais avec le haut de son gouvernail, avait cependant regagné normalement la base d’Aviano, dans le nord-est de l’Italie. Toutes les 20 victimes, onze hommes et neuf femmes, parmi lesquels des Allemands, des Autrichiens, des Belges, un Hollandais, des Italiens et des Polonais, ont été identifiées dans la nuit. L’identification a été extrêmement difficile, les corps étant complètement disloqués dans la chute de la cabine d’une hauteur de quelque 80 mètres. Réunis d’abord à l’hôpital de Cavalese, ils devaient être transportés à Trente, capitale de la province, pour y être autopsiés. Il n’y a eu aucun survivant. Le maire Mauro Gilmozzi, tout en écartant la possibilité d’une vague de sentiments anti-américains parmi ses administrés, a déclaré que les Etats-Unis «devaient assumer leurs responsabilités». «Il n’y aura pas de sentiments anti-américains parce qu’un pilote est devenu fou», a-t-il dit, «mais si les Etats-Unis cherchent à nier leurs responsabilités, ce sera extrêmement grave». Des commentaires similaires pouvaient être entendus dans les rues de Cavalese, où la population craignait surtout que la responsabilité ne soit d’une manière ou d’une autre attribuée aux équipements touristiques de la région. Un affreux déjà-vu «C’est d’autant plus terrible que nous avons vécu un accident similaire il y a plus de vingt ans, presque au même endroit, quand une cabine est tombée, à la suite d’une erreur technique et humaine, tuant une quarantaine de personnes», déclarait Giovanna, gérante d’un grand café. «On a l’impression d’un affreux déjà-vu». A l’époque, le tourisme avait beaucoup baissé dans la région. Il est redevenu florissant ces dernières années dans la coquette station d’hiver où, sur 3.600 habitants, deux tiers y puisent directement leurs revenus. «Une grande rage, voilà ce que nous ressentons», a indiqué un hôtelier, Paolo Volcan. «Mais pas contre l’OTAN, ce n’est pas elle qui a donné l’ordre au pilote de voler sous le câble, de charger comme un taureau. Nous sommes en colère contre l’inconscience des hommes». Le maire, qui a appelé à l’adoption d’une loi interdisant les vols à basse altitude, a déclaré être «atterré par cet incroyable accident, presque impossible». Une journée de deuil a été annoncée pour jeudi. La ville avait mis en place un service d’accueil pour les familles des victimes, disposant notamment d’interprètes pour les personnes venant de l’étranger. «Les habitants et les autorités de la zone avaient protesté à plusieurs reprises contre les vols à basse altitude et le bruit causé par les avions militaires de nos forces aériennes. Mais celles-ci n’ont jamais volé si bas», a poursuivi M. Gilmozzi. «Ils volaient à environ 200 mètres, mais cette fois-ci c’était fou. La vallée est large d’environ un kilomètre et profonde de 1.300 mètres, alors que cet avion rasait le sol à environ 70 mètres. On ne l’avait jamais vu ici». (AFP)
Le maire et les habitants de Cavalese ont exprimé tout haut leur colère et leur inquiétude, au lendemain de l’accident du téléphérique. L’enquête judiciaire a commencé par la saisie tant du téléphérique, dont la cabine a été réduite à un tas de ferraille baignant dans une mare de sang, que de l’avion, dont selon quelques habitants de la région, cités par la police locale, des fragments auraient été retrouvés à proximité des lieux de l’accident. L’avion américain, qui serait passé sous le téléphérique, coupant le câble porteur de 50 millimètres de diamètre et le câble de traction moins épais avec le haut de son gouvernail, avait cependant regagné normalement la base d’Aviano, dans le nord-est de l’Italie. Toutes les 20 victimes, onze hommes et neuf femmes, parmi lesquels des Allemands, des...