Le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright a échoué dimanche dans ses efforts pour débloquer le processus de paix, face à l’intransigeance d’Israël et au rejet de ses propositions par les Palestiniens. A son départ de Jérusalem, Mme Albright a souligné sa déception devant les «progrès minimes» obtenus, mais elle n’a pas baissé les bras, affirmant que les pourparlers se poursuivraient la semaine prochaine à Washington. Le chef de la diplomatie américaine a rencontré successivement le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, samedi soir, et le président palestinien Yasser Arafat, dimanche. Les deux dirigeants ont accepté de dépêcher des émissaires à Washington, en fin de semaine prochaine, pour de nouveaux pourparlers, a-t-elle indiqué. Bien que sa tournée ait été dominée par la crise avec l’Irak, Mme Albright a affirmé qu’un déblocage du processus de paix israélo-palestinien, dans l’impasse depuis «bien trop longtemps» — près d’un an — restait une priorité américaine. «Il y a beaucoup trop en jeu pour que cela se prolonge», a-t-elle averti. Mme Albright, qui avait affirmé lors de sa dernière tournée, en septembre, qu’elle ne reviendrait certainement pas au Proche-Orient pour «faire tapisserie», a dû reconnaître la profondeur des divergences. «Les problèmes sont difficiles et complexes. Je n’ai aucune illusion sur le défi posé par ces négociations», a reconnu le secrétaire d’Etat. Elle a admis avoir «espéré un peu plus de progrès à l’occasion de cette visite». Selon un responsable palestinien, qui a requis l’anonymat, les Etats-Unis ont proposé un retrait israélien de 10% de la Cisjordanie, qui passeraient sous contrôle partiel palestinien, tandis que 10 autres pour cent seraient transférés du contrôle partiel palestinien au contrôle total. Mme Albright a affirmé que ce redéploiement militaire devait se faire par petites étapes, chacune étant liée au respect par les Palestiniens d’une série de conditions, a ajouté le responsable palestinien. M. Arafat «a rejeté ces idées et a dit à Mme Albright que les Etats-Unis ont adopté la position» de M. Netanyahu, a-t-il dit. La charte de l’OLP Le président palestinien s’en tient aux accords d’Oslo sur l’autonomie, qui prévoyaient trois redéploiements militaires israéliens successifs hors des zones rurales de Cisjordanie avant la mi-1998, a-t-il dit. M. Netanyahu, quant à lui, refuse de mettre en œuvre le moindre redéploiement militaire en Cisjordanie, tant que les Palestiniens n’auront pas rempli une longue liste de conditions. Parmi celles-ci figure l’exigence que l’OLP confirme l’annulation des clauses de la Charte nationale palestinienne qui niaient le droit à l’existence de l’Etat juif. Mais le Comité exécutif de l’OLP, réuni samedi soir à Ramallah, a rejeté cette condition, soulignant que les clauses en question avaient déjà été éliminées en 1996, ont indiqué des responsables palestiniens. Israël a cependant réitéré sa demande dimanche. «Nous exigeons l’annulation de ces articles qui nous délégitimisent et appellent à la lutte armée contre nous», a déclaré M. David Bar-Illan, porte-parole de M. Netanyahu. «Ces articles doivent être annulés par une majorité des deux tiers du Conseil national palestinien», a-t-il affirmé. Le président du CNP, M. Salim Zaanoun, a répliqué que les Palestiniens «ne convoqueraient pas une nouvelle session du Conseil». «On ne peut pas nous demander de convoquer de nouveau le CNP pour décider un chose déjà tranchée», a-t-il dit.
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