Le déchaînement de violence protestante loyaliste en Ulster insuffle une urgence vitale aux négociations sur l’avenir de la province qui ont repris lundi à Londres avec une nouvelle initiative des gouvernements britannique et irlandais. Le transfert ponctuel des négociations hors de Belfast, une première depuis leur démarrage en juin 1996, avait à l’origine pour but de dégager les négociateurs des tensions locales et de leur permettre de progresser d’ici à la date-limite de mai 1998. Mais la session de lundi s’est ouverte sur fond de déchaînement de violence des paramilitaires loyalistes à une échelle inédite depuis plusieurs années. Depuis fin décembre et l’assassinat de l’un des leurs par l’Inla, une dissidence de l’IRA, ces milices ont tué huit catholiques. A mesure que les négociations ont progressé, avec désormais sur la table un schéma institutionnel concret, les protestants armés opposés au processus de paix, dans lequel ils voient en germe l’unification de l’Irlande, se sont emballés. Plus un jour ne s’écoule sans qu’ils tuent ou tentent de tuer un catholique, au risque de ripostes des paramilitaires catholiques qui sont jusqu’ici restées sporadiques, avec deux meurtres de loyalistes en tout. Les durs du camp catholique nationaliste, le Sinn Fein et son aile militaire, l’Armée républicaine irlandaise (IRA), estiment insuffisant le rôle exécutif proposé à Dublin dans les affaires de la province britannique, qu’ils veulent à terme voir réunie avec le sud. Proposition affinée Aussi Londres et Dublin ont-ils mis sur la table, lundi, une proposition affinée sur les institutions communes au Nord et au Sud de l’île. Ces institutions, couplées avec une assemblée nord-irlandaise et un Conseil des régions autonomes du Royaume-Uni où l’Irlande serait présente, forment l’armature du statut institutionnel proposé pour l’Ulster. La première mouture avait satisfait les unionistes et les nationalistes modérés avaient dit pouvoir s’en arranger. Londres et Dublin ont revu leur copie sur les organes nord-sud, en un nouvel exercice d’équilibrisme destiné à rallier le Sinn Fein sans pour autant s’attirer un veto des unionistes, première force politique de la province. Selon le «Sunday Telegraph», il est prévu que le Conseil des ministres du Nord et du Sud ait la faculté d’évoluer vers des pouvoirs exécutifs. Restera à préciser si ce conseil sera soumis à l’assemblée locale comme le veulent les unionistes, qui y détiendront sans doute la majorité. «Nous avons dit au gouvernement que nous n’avions pas l’intention de tomber dans une embuscade à Lancaster House», lieu des négociations, a averti un responsable unioniste anonyme dans le Telegraph. Le débat de fond pourrait encore être retardé, selon le vœu des extrémistes des deux bords, du fait de la vague de violence. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le déchaînement de violence protestante loyaliste en Ulster insuffle une urgence vitale aux négociations sur l’avenir de la province qui ont repris lundi à Londres avec une nouvelle initiative des gouvernements britannique et irlandais. Le transfert ponctuel des négociations hors de Belfast, une première depuis leur démarrage en juin 1996, avait à l’origine pour but de dégager les négociateurs des tensions locales et de leur permettre de progresser d’ici à la date-limite de mai 1998. Mais la session de lundi s’est ouverte sur fond de déchaînement de violence des paramilitaires loyalistes à une échelle inédite depuis plusieurs années. Depuis fin décembre et l’assassinat de l’un des leurs par l’Inla, une dissidence de l’IRA, ces milices ont tué huit catholiques. A mesure que les négociations ont...