L’évolution du marché des changes de Beyrouth a été caractérisée, encore la semaine dernière, par une contraction de l’offre du dollar dans un mouvement qui ne peut pas être dissocié des inquiétudes entourant l’issue du débat budgétaire à la Chambre des députés. Les préoccupations relatives à l’ampleur du déficit du budget 1998 à la lumière des derniers chiffres des dépenses et des recettes qui seront votés par la majorité parlementaire dès aujourd’hui et qui sont censés déterminer non seulement le volume de la dette publique mais aussi de la masse monétaire, semblent expliquer cette réticence de la communauté financière à se dessaisir du dollar en faveur de la livre libanaise. Toutefois, la présence ininterrompue de la Banque du Liban (B.D.L.) sur le marché est venue contrecarrer toute tentative de spéculation monétaire, permettant à l’offre et à la demande du dollar de s’équilibrer au fil des cotations tous les jours mais dans des échanges peu étoffés, témoignant de l’hésitation des opérateurs à prendre de nouvelles initiatives dans un sens ou dans un autre. En procédant ainsi à l’abaissement de son taux d’intervention à la vente du dollar de 1531 à 1530,50 L.L, en un premier temps, puis de son taux «symbolique» à l’achat de 1521 à 1520,50 L.L, en un deuxième temps, la B.D.L. est parvenue à le ramener finalement en clôture, vendredi dernier, au taux moyen indicatif de 1525,50 L.L. contre 1526 L.L., à la fin de la semaine se terminant au vendredi 16 janvier, en léger repli de 0,033% d’une semaine à l’autre. Mais il n’en demeurait pas moins que les banques de la place conti-nuaient à négocier pratiquement le dollar au-dessus de ce taux indicatif et tout près du haut de la fourchette d’intervention de la B.D.L., entre 1528,50 et 1530,50 L.L, et souvent avec un point d’ancrage à 1529,50 L.L, dans un marché équilibré de lui-même mais reflétant une certaine propension à la vente plutôt qu’à l’achat de la livre libanaise. Le dollar affaibli par le scandale clinton A l’étranger, le dollar a fait l’objet de plusieurs attaques à la baisse dès le milieu de la semaine dernière sur fond d’inquiétudes en rapport avec les scandales impliquant le président américain Bill Clinton, accusé d’avoir eu des liaisons extra-conjugales, notamment avec une jeune fonctionnaire de la Maison-Blanche qui aurait subi des pressions pour ne rien révéler à la justice. De plus, des propos attribués à de hauts responsables japonais faisant état de nouvelles mesures de relance de l’économie nippone sont venus aussi affecter le «billet vert» contre le yen, au moment où les marchés apprenaient que l’excédent commercial du Japon aurait augmenté de 48,5% en totalisant 78,8 milliards de dollars l’année dernière, dont 39,5 milliards avec les Etats-Unis , en hausse de 41,7% sur 1996, en raison surtout de la dépréciation du yen qui ne cesse de privilégier les exportations japonaises. De ce fait, les craintes de réactions américaines à ce développement ne tardaient pas à inciter les opérateurs à se «positionner» en yen aux dépens du dollar, d’autant que le vice-ministre japonais des Finances, Eisuke Sakakibara, avait suggéré, jeudi dernier, aux banques centrales du groupe des «Sept» (pays occidentaux les plus industrialisés) d’intervenir en faveur du yen. En outre, la publication des résultats du rapport conjoncturel établi par l’institut I.F.O. en Allemagne faisant ressortir, contre toute attente, une hausse de son indice mesurant le climat des affaires de 99,10 points, en novembre, à 99,60 points, le mois dernier, au lieu de 98,7 points comme attendu, est venue aussi privilégier le deutsche mark au dollar, dans la mesure que ce phénomène devait exclure toute réduction des taux d’intérêt germaniques, tant redoutée par les opérateurs, pour soutenir la croissance de l’économie allemande. A cet égard, le statu quo monétaire observé par la Budesbank lors de la réunion de son conseil central, jeudi dernier, a eu aussi un impact positif sur le mark allemand et les monnaies européennes flottant de concert avec lui. Dans ce contexte, l’annonce de statistiques économiques américaines généralement favorables au dollar est passée inaperçue sur le marché. Ainsi, les opérateurs n’ont guère été sensibilisés par la diminution de 11,6% du déficit commercial américain à 8,04 milliards de dollars, en novembre, contre 9,09 milliards, en octobre, ni par la baisse de 13.000 personnes du nombre des demandeurs d’allocations-chômage aux Etats-Unis durant la troisième semaine de janvier, témoignant de créations d’emplois non agricoles dues à la reprise de l’activité économique. Il en est de même de la diminution de 0,8% des mises en chantier de logements, le mois dernier, contre une hausse identique, en novembre, excluant toute tendance à une surchauffe inflationniste de l’économie. Au contraire, les regards du marché sont restés braqués sur l’évolution de l’affaire des scandales à la Maison-Blanche devant impliquer l’avenir politique du président Clinton qui aurait fait obstruction à la justice en demandant à une jeune fonction-naire de nier la relation qu’elle aurait eue avec lui. C’est dans ce climat que le dollar a achevé la semaine, vendredi dernier, à New York, en forte baisse par rapport à la fin de la semaine se terminant au vendredi 16 janvier, comme suit: — 1,6725 pour un sterling contre 1,6335 ( - 2,33% ). — 1,7765 D.M. contre 1,8335 (-3,11%). — 5,9525 F.F. contre 6,1400 (-3,05%). — 1,4395 F.S. contre 1,4980 (-3,91%). — 1753 lires contre 1803,50 (-2,80%). — 125,65 yen contre 129,30 (2,82%). Or: accélération de la hauuse Poursuivant sur sa lancée du milieu du mois, l’or a largement profité, la semaine dernière, de l’accès de faiblesse du dollar en rapport avec les inquiétudes entourant l’avenir politique du président américain Bill Clinton. Ainsi, une certaine demande des métaux précieux ne tardait pas à s’installer sur le marché, par précaution, tirant la parité de l’once jusqu’au seuil des 300 dollars pour la faire clôturer, vendredi dernier, à New York, à 299,65 dollars contre 290,60 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 16 janvier, en hausse de 3,11%, en moyenne. En parallèle, l’argent-métal a été activement recherché aussi, bondis-sant en clôture, vendredi dernier, à New York, à 5,94 dollars l’once contre 5,7580 dollars, à la fin de la semaine se terminant au vendredi 16 janvier, en nette hausse de 3,16%, en moyenne. Elie KAHWAGI Désignation des monnaies Dollar en L.L. Sterling en $ Dollar en D.M. Dollar en F.S. Dollar en F.F. Dollar en lires Dollar en yen OR L’once en $ ARGENT L’once en $ 16.1.98 1526,00 1,6335 1,8335 1,4980 6,1400 1803,50 129,30 290,60 5,7580 19.1.98 1526,00 1,6370 1,8375 1,4980 6,1550 1805,35 128,80 287,30 5,7600 20.1.98 1525,75 1,6275 1,8400 1,4965 6,1580 1807,25 128,40 290,380 5,6430 21.1.98 1525,75 1,6310 1,8195 1,4755 6,0915 1788,00 127,15 292,80 5,7730 22.1.98 1525,50 1,6485 1,8045 1,4695 6,0415 1777,10 127,25 290,80 5,6890 23.1.98 1525,50 1,6725 1,7765 1,4395 5,9525 1753,00 125,65 299,65 5,9400 Variations en % — 0,033 — 2,33 — 3,11 — 3,91 — 3,05 — 2,80 — 2,82 + 3,11 + 3,16
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