Le Conseil national pour la défense de la démocratie (CNDD), principal mouvement rebelle hutu burundais, a demandé mercredi la création d’une «commission internationale d’enquête» sur les massacres de civils au Burundi. Pour Léonard Nyangoma, président du CNDD, une telle commission, «dont la composition serait approuvée par les deux belligérants», permettrait de «déterminer les responsabilités de l’armée et laver ainsi les combattants des FDD (Forces pour la défense de la démocratie, branche armée du CNDD) des calomnies infâmes proférées à leur encontre». Dans un communiqué reçu à Nairobi, Léonard Nyangoma «réaffirme solennellement» que les FDD ne sont pas les auteurs de massacres de civils commis le 1er janvier dans les environs de l’aéroport de Bujumbura. Selon l’armée (dominée par la minorité tutsie), les rebelles hutus ont tué ce jour-là) 286 civils et six militaires, tandis qu’une centaine de rebelles ont été tués. Le président du CNDD affirme que si les FDD ont bien «attaqué le camp militaire de Gakumbu, ainsi que la brigade de police et l’aéroport international de Bujumbura», ils n’ont «pas tué une seule personne civile à Rukaramu», village le plus touché par les tueries. Comme l’avait déjà fait le porte-parole du CNDD, Jérôme Ndiho, le président du mouvement accuse l’armée de s’être livrée à des massacres de civils. Selon le CNDD, plus de 500 personnes auraient été tuées. Lors des funérailles de 80 personnes tuées à Rukaramu, l’homme fort du Burundi, le major Pierre Buyoya, avait demandé une condamnation internationale de la rébellion hutue, qu’il avait qualifiée de «machine effrénée de la mort». Lorsqu’ils évoquent les rebelles hutus, les militaires les qualifient de «terroristes génocidaires», le CNDD traitant de son côté les forces régulières «d’armée fasciste du régime d’apartheid». Le mois dernier, le rapporteur sur les droits de l’homme au Burundi, Sergio Pinheiro, avait salué les «efforts menés par les autorités pour instaurer un dialogue intérieur». Il avait en revanche décelé une aggravation du côté de la rébellion qui, selon lui, s’en prend aux civils. Il avait attribué ce changement à la diminuation de la coopération de la population avec la rébellion. «Les rebelles harcèlent les civils en exigeant des redevances et en les punissant lorsqu’ils refusent de les suivre», avait-il dit. Depuis la mort du président hutu élu Melchior Ndadaye, assassiné par de soldats tutsis lors d’une tentative de coup d’Etat le 21 octobre 1993, la guerre civile et les massacres ont fait environ 200.000 morts. (AFP)
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