Il y a 30 ans, le «Printemps de Prague», important mouvement réformateur, débutait par la destitution du chef du Parti communiste tchécoslovaque (PCT) Antonin Novotny et son remplacement, le 5 janvier 1968, par Alexander Dubcek. La reprise le 2 janvier 1968 d’une session du comité central du PCT, ajournée pendant les fêtes de fin d’année, marquait un tournant dans la lutte au pouvoir, lancée à l’automne 1967. La crise de 1967 Antonin Novotny (1904-1975), qui dirigeait le parti depuis 1953 et détenait le poste de chef d’Etat depuis 1957, tentait de résister à des pressions croissantes, dues non seulement aux mauvais résultats de l’économie, mais aussi à son arrogance envers les Slovaques et la dispersion violente d’une manifestation estudiantime à Prague fin octobre 1967. Malgré des promesses de «réformes économiques» et de «démocratisation socialiste» dans son allocution de Nouvel an, Novotny devait céder son poste de premier secrétaire du parti le 4 janvier 1968, après de longs débats animés. Une session du bureau politique, réuni comme d’habitude à huis clos, décidait finalement de la candidature d’Alexander Dubcek, Slovaque âgé alors de 46 ans et considéré comme un homme de compromis, acceptable non seulement par les communistes «orthodoxes», mais aussi par les réformateurs proches de l’économiste Ota Sik. Officiellement élu à la tête du parti le 5 janvier 1968, Dubcek donnait l’impression d’avoir accepté le pouvoir malgré lui, mais devait rapidement changer d’image pour devenir la véritable figure emblématique du «Printemps de Parque». Novotny gardait formellement son poste de chef d’Etat jusqu’au mois de mars 1968, avant d’être remplacé par le général Ludvik Svoboda, ancien commandant des troupes tchécoslovaques dans l’Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale. Les blindés russes La nomination en avril 1968 du nouveau gouvernement dirigé par Oldrich Cernik, l’un des hommes qui avaient organisé la chute de Novotny, et l’adoption par le PCT d’un «programme d’action» ouvrant la porte vers le «socialisme à visage humain» et une sorte d’économie de marché de troisième voie marquaient les étapes décisives du mouvement réformateur lancé en janvier. Après plusieurs mises en garde adressées à Prague par le numéro un soviétique Léonide Brejnev, les troupes du Pacte de Varsovie intervenaient le 21 août 1968 pour écraser sous les chenilles de leurs blindés les espoirs du «Printemps de Prague» et rétablir le régime totalitaire pour une vingtaine d’années. Dubcek, le revenant Strictement écarté de la vie publique pendant la «normalisation» prosoviétique, Alexander Dubcek est réapparu sur la scène politique en novembre 1989 au moment de la «Révolution de Velours». Devenu président du Parlement après la chute du communisme, il est mort le 7 novembre 1992 des suites d’un mystérieux accident de voiture dont les causes n’ont jamais été élucidées. (AFP)
Il y a 30 ans, le «Printemps de Prague», important mouvement réformateur, débutait par la destitution du chef du Parti communiste tchécoslovaque (PCT) Antonin Novotny et son remplacement, le 5 janvier 1968, par Alexander Dubcek. La reprise le 2 janvier 1968 d’une session du comité central du PCT, ajournée pendant les fêtes de fin d’année, marquait un tournant dans la lutte au pouvoir, lancée à l’automne 1967. La crise de 1967 Antonin Novotny (1904-1975), qui dirigeait le parti depuis 1953 et détenait le poste de chef d’Etat depuis 1957, tentait de résister à des pressions croissantes, dues non seulement aux mauvais résultats de l’économie, mais aussi à son arrogance envers les Slovaques et la dispersion violente d’une manifestation estudiantime à Prague fin octobre 1967. Malgré des promesses de...
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