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Actualités - Analyse

Le dossier de l'audiovisuel de nouveau sur le tapis

L’interdiction de l’interview du général Michel-Aoun sur MTV et les retombées qu’elle a pu engendrer viennent remettre sur le tapis le dossier de l’audiovisuel-que le code de «partage des parts» établi par le pouvoir a mal réglé.
Il faut en effet déjà revoir certaines dispositions en fonction de la prodigieuse percée technologique du numérique, qui fait voler en éclats le corset de la limitation des fréquences. A partir de là le ministre de l’Information reconnaît lui-même la nécessité d’un réajustement et différentes parties politiques qui avaient multiplié les objections lors du débat sur le code, sans être alors écoutées, repartent à l’assaut du bastion gouvernemental.
Pour sa part M. Bassem el-Sabeh veut, dit-il, prier le Conseil des ministres de réexaminer le dossier des télévisions, surtout pour mettre fin à l’anarchie qui à son avis découle du flou qui continue à entourer certaines dispositions du code. Pour le ministre de l’Information il s’agit seulement répète-t-il de dissiper toute équivoque et de «combler les brèches, de réparer les lacunes apparues à la pratique pour expurger le texte de toute faille» Il cite nombre d’exemples pour souligner l’imprécision de certaines clauses. Puis il soutient qu’il assume parfaitement la responsabilité du dernier brouillamini, tout en s’obstinant à se justifier. D’après lui si Aoun avait parlé à la télévision en tenant des propos interdits par la loi «cela aurait provoqué une secousse bien plus forte que celle qui s’est produite». M. el-Sabeh avoue ensuite sa hantise «tout le monde, au dehors comme à l’intérieur, m’aurait alors imputé la responsabilité» d’avoir laissé faire, dit-il. Il a donc à l’en croire «agi en base du souci de préserver la paix civile et la stabilité politique».
Après avoir répété qu’il s’est cependant contenté d’avertir la MTV sans rien lui interdire formellement, M. el-Sabeh se demande «si le Liban a droit à autant de chaînes de télévision et pas à quatre seulement» selon les règles établies par la Fédération internationale siégeant à Genève auprès de laquelle il est obligatoire d’inscrire les stations locales.
Le ministre redit sa lecture propre des événements: les dernières incidences sont selon lui imputables à la concurrence impitoyable que se livrent les médias audiovisuels locaux au mépris des règlements en vigueur.
Toujours est-il que M. el-Sabeh a convoqué le Conseil national de l’Information à une réunion à son bureau du ministère après-demain vendredi. Il a l’intention, indique-t-il, de presser cet organisme de censure d’appliquer strictement les lois à l’encontre des médias audiovisuels qui se mettent en infraction et d’éviter toute attitude de complaisance à l’égard des télés. Il ajoute que de nombreuses erreurs ont été commises par le passé, et il entend par là les autorisations données, à tort selon lui, pour nombre de programmes télé politiques. Ce qui, toujours à cause de la concurrence acharnée entre les chaînes, a produit à son avis beaucoup de bavures qu’il compte juguler par le biais du CNA. M. el-Sabeh rappelle que lorsque le président du Conseil M. Rafic Hariri a convoqué les responsables des chaînes pour les rappeler à l’ordre moral (quelques jours avant l’affaire Aoun) il les a nettement avertis que d’éventuelles sanctions pourraient aller jusqu’au retrait de licence en cas de récidive. Pour le ministre de l’Information les derniers développements, nonobstant l’élément de concurrence commerciale qu’il met par ailleurs en relief, sont de nature essentiellement politique et non informationnelle. Il en veut pour preuve la teneur du débat engagé à la Chambre et n’est pas loin de penser que certains politiciens ont eu pour but premier de le couler à lui personnellement. Il se félicite cependant que la position qu’il a adoptée ait contribué d’après lui à décongestionner le climat ambiant. Et il conclut en confirmant qu’il faut réviser le code.

Ph.A-A.
L’interdiction de l’interview du général Michel-Aoun sur MTV et les retombées qu’elle a pu engendrer viennent remettre sur le tapis le dossier de l’audiovisuel-que le code de «partage des parts» établi par le pouvoir a mal réglé.Il faut en effet déjà revoir certaines dispositions en fonction de la prodigieuse percée technologique du numérique, qui fait voler en éclats le corset de la limitation des fréquences. A partir de là le ministre de l’Information reconnaît lui-même la nécessité d’un réajustement et différentes parties politiques qui avaient multiplié les objections lors du débat sur le code, sans être alors écoutées, repartent à l’assaut du bastion gouvernemental.Pour sa part M. Bassem el-Sabeh veut, dit-il, prier le Conseil des ministres de réexaminer le dossier des télévisions, surtout...