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Actualités - Chronologie

La télé qui rend malade : des centaines d'enfants hospitalisés au Japon

Plus de 600 enfants se sont présentés mardi soir dans les hôpitaux japonais, se sentant mal après la diffusion sur une chaîne de télévision d’un dessin animé comportant des images trop éblouissantes.
L’affaire a été jugée suffisamment grave pour déclencher une enquête de la police qui a dénombré 651 cas d’enfants ayant réclamé des soins dans tout le pays. 155 ont été hospitalisés pour ce qui ressemble à des crises d’épilepsie, selon la chaîne publique de télévision NHK. Les malades souffraient de convulsions, d’irritations des yeux et de problèmes respiratoires.
Le premier ministre Ryutaro Hashimoto a exprimé publiquement son inquiétude et demandé une enquête. «Nous avons besoin d’une enquête par des experts car l’impact sur les yeux de certaines lumières ou de lasers est encore mal connu», a-t-il dit.
«Nous n’avons pas encore établi toutes les causes de leur maladie, mais nous soupçonnons que la plupart des cas ont été provoqués par ce programme», a indiqué un porte-parole de la police. Elle a commencé à interroger les responsables de la chaîne privée TV Tokyo. Cette dernière avait diffusé mardi soir un nouvel épisode d’un dessin animé très populaire intitulé «Pocket monster» (monstre de poche), inspiré d’un célèbre jeu vidéo de Nintendo.
Mercredi la chaîne a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre sa diffusion dans tout le pays, notamment dans son réseau de 37 chaînes locales associées.

L’une des vedettes du dessin animé, Pikachu, un gentil petit rat, a lancé des éclairs avec ses yeux pour combattre des virus dans un ordinateur.

Des éclairs de lumière bleue et rouge ont été diffusés pendant cinq secondes censant représenter une «bombe antivirus».
Selon la psychologue Rika Kayama, spécialiste des effets sur la santé des jeux vidéo, ces réactions épileptiques à des phénomènes lumineux sont connues sous le nom d’épilepsie photosensitive.

«Les enfants devaient être totalement plongés dans le programme», a-t-elle déclaré à l’agence Kyodo.

Des retombées
sur Nintendo?

Des cas semblables d’épilepsie photosensitive ont déjà été enregistrés au Japon, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
En 1989, 5 enfants japonais avaient souffert de convulsion et de maux de tête après avoir joué avec des jeux-vidéo.
En 1991 au Michigan, une famille avait été en proie à une crise d’épilepsie après avoir utilisé un de ces jeux. En 1993, le ministère britannique du Commerce et de l’Industrie avait ouvert une enquête suite à des cas similaires.
Le porte-parole de Nintendo, M. Hiroshi Imanishi, a exclu tout lien entre le contenu du jeu et le dessin animé. Ce jeu est un succès du grand fabricant japonais, avec 7,5 millions de programmes vendus depuis février 1996, auxquels s’ajoutent de nombreux produits dérivés créés devant la popularité des personnages.
Les recettes de ces seuls produits sont estimées à 400 milliards de yen (3,3 mds de dollars). Le jeu sur console portable consiste à capturer et rassembler 151 monstres virtuels pour réaliser une «encyclopédie de monstres».
Le président de Nintendo est lui-même intervenu, inquiet des retombées négatives de cette affaire sur les ventes de Noël du premier fabricant japonais de jeux-vidéo.
Alors que la bourse de Tokyo a terminé sur une hausse de 3,5% l’action Nintendo a été une des rares à finir à la baisse, perdant 1,6% à 12.500 yen. (AFP)
Plus de 600 enfants se sont présentés mardi soir dans les hôpitaux japonais, se sentant mal après la diffusion sur une chaîne de télévision d’un dessin animé comportant des images trop éblouissantes.L’affaire a été jugée suffisamment grave pour déclencher une enquête de la police qui a dénombré 651 cas d’enfants ayant réclamé des soins dans tout le pays. 155 ont été hospitalisés pour ce qui ressemble à des crises d’épilepsie, selon la chaîne publique de télévision NHK. Les malades souffraient de convulsions, d’irritations des yeux et de problèmes respiratoires.Le premier ministre Ryutaro Hashimoto a exprimé publiquement son inquiétude et demandé une enquête. «Nous avons besoin d’une enquête par des experts car l’impact sur les yeux de certaines lumières ou de lasers est encore mal connu»,...