Rechercher
Rechercher

Actualités - Biographie

Un terroriste international longtemps protégé par le rideau de fer


Carlos a été dans les années 1970 et 1980 un des principaux représentants de la «guérilla internationale anti-impérialiste» soutenue par le bloc communiste est-européen.
Carlos, qui se présente comme un défendeur de la cause palestinienne, a préparé, souvent à l’ombre du rideau de fer, une quinzaine d’attentats ayant fait plus de 20 morts.
Baptisé Ilich Ramirez Sanchez, par son père, riche avocat d’affaires et léniniste convaincu, le jeune Vénézuélien suit le parcours du parfait révolutionnaire.
A 15 ans, il adhère au PC des étudiants, avant d’apprendre les rudiments de la lutte armée à Cuba. Il étudie ensuite à Moscou, à l’université Patrice Lumumba, vivier d’espions, où il sera probablement pris en main par le KGB, et nouera ses premières amitiés palestiniennes.
A la tête du Front de libération de la Palestine en Europe (1973), puis de son propre groupe, Carlos bénéficie, en pleine guerre froide, de la protection tacite, voire active, des pays socialistes.
Il établit une véritable «multinationale terroriste» en collaborant avec d’autres mouvements révolutionnaires comme la Fraction armée rouge (RAF) ouest-allemande, à laquelle appartient sa compagne de l’époque Magdalena Kopp.
La chute du Mur de Berlin et le naufrage des régimes communistes en 1989-90 ont privé Carlos de ses sanctuaires favoris et l’ouverture des archives des services secrets de l’Est, consultées notamment par le juge antiterroriste parisien Jean-Louis Bruguière, a permis de mesurer l’implication des pays socialistes, au plus haut niveau, dans cette vague terroriste des années 1970-80.
En 1990, le nouveau gouvernement de Budapest a confirmé que la Hongrie de Janos Kadar avait servi de base arrière à Carlos de 1979 à 1985, alors qu’il était recherché par Interpol. M. Bruguière s’est rendu cette semaine à Budapest pour de nouvelles recherches à ce sujet.
Celui qui a été surnommé le «chacal» a utilisé également Berlin-Est comme plaque tournante et bénéficié de solides appuis logistiques de la part du régime d’Erich Honecker. En 1991, le Parquet berlinois a confirmé que la Stasi, l’ex-Sécurité d’Etat de la RDA, qui a protégé et manipulé Carlos, lui avait fourni 24 kg d’explosifs pour commettre en 1983 un attentat à Berlin-Ouest contre la Maison de France (1 mort).
De 1970 à 1983, la Roumanie a accueilli Carlos et lui a fourni des armes à volonté. Les archives de la Stasi indiquent que l’attentat de 1981 à Munich contre Radio Free Europe, bête noire du dictateur Nicolae Ceausescu, aurait été commandité par Bucarest.
«L’insaisissable» séjournera aussi en toute impunité à Sofia, Prague et en Yougoslavie avant que la chute des régimes communistes est-européens ne lamine son terrain.
La Syrie, alors au cœur de la nébuleuse terroriste proche-orientale, devient son sponsor principal. Proche de Mohammed el-Kholi, homme de confiance du président Hafez Assad, Carlos établit sa base principale à Damas dès le début des années 1980 et y restera jusqu’en 1991, lorsque la Syrie souhaitera retrouver une place «honorable» dans le concert des nations.
Après la chute du Mur, l’abandon du terrorisme par l’Organisation de libération de la Palestine de Yasser Arafat et le début des négociations israélo-palestiniennes, Carlos est devenu un terroriste anachronique, qui sera finalement livré à la France le 15 août 1994 par son dernier pays d’accueil, le Soudan. (AFP)
Carlos a été dans les années 1970 et 1980 un des principaux représentants de la «guérilla internationale anti-impérialiste» soutenue par le bloc communiste est-européen.Carlos, qui se présente comme un défendeur de la cause palestinienne, a préparé, souvent à l’ombre du rideau de fer, une quinzaine d’attentats ayant fait plus de 20 morts.Baptisé Ilich Ramirez Sanchez, par son père, riche avocat d’affaires et léniniste convaincu, le jeune Vénézuélien suit le parcours du parfait révolutionnaire.A 15 ans, il adhère au PC des étudiants, avant d’apprendre les rudiments de la lutte armée à Cuba. Il étudie ensuite à Moscou, à l’université Patrice Lumumba, vivier d’espions, où il sera probablement pris en main par le KGB, et nouera ses premières amitiés palestiniennes.A la tête du Front de libération...