Le premier tour de l’élection présidentielle est prévu le 3 octobre. Six mois avant, la campagne électorale aura commencé et sauf surprise de dernière heure, elle s’annonce assez ennuyeuse: si les choses restent comme elles le sont en cette fin d’année, la réélection sera une promenade pour M. Cardoso.
A 66 ans, avec toute la coquetterie d’un homme politique et d’un intellectuel brillant qui sait ce qu’il vaut et qui soigne son image, il semble impossible de le vaincre.
Tant et si bien que les rares personnes qui pourraient lui faire un peu d’ombre hésitent à entrer en lice contre lui.
A tel point que les prévisions les plus «catastrophiques» prévoient un second tour (le 15 novembre).
Mais ce deuxième tour n’aura lieu que si l’opposition arrive à faire en sorte que les électeurs la prennent au sérieux, ce qui ne s’est pas produit jusqu’à présent.
Quand il y a quelques mois le président Cardoso a réussi à faire voter, après des manœuvres politiques compliquées, un amendement à la Constitution pour pouvoir se présenter à sa propre succession, il savait qu’il possédait un atout majeur: le Plan Real, dont il revendique la paternité et surtout qu’il a appliqué depuis quatre ans pour stabiliser la monnaie et faire du Brésil un pays de rêve pour les investisseurs étrangers.
Privatisations uniques
au monde
A raison, il se félicite que les privatisations qui ont lieu au Brésil (télécommunications, mines, électricité et routes notamment) sont pratiquement uniques au monde et qu’il n’y a pas d’autre endroit de la planète où les capitaux étrangers jouissent d’autant de protection.
L’opposition vocifère que l’«on vend le pays aux étrangers». Et aussi que FHC se moque éperdument des pauvres, une accusation grave dans un pays de près de 160 millions d’habitants où 30 millions seulement consomment.
Mais M. Cardoso est tranquille. Il sait qu’il est aujourd’hui le numéro un de la politique nationale.
Depuis qu’il a décidé d’être candidat à la réélection, il a pourtant traversé quelques tempêtes: scandales politico-financiers et crises dans ses propres rangs, le Parti de la sociale démocratie brésilienne (PSDB).
Toutefois, personne ne nie son charisme ou son talent pour sortir des situations difficiles, comme fin octobre, quand il a dû imposer une impopulaire série de mesures économiques destinées à freiner la crise provoquée par les bourses asiatiques.
Et même si ses ennemis le traitent d’empereur, ses futurs électeurs appartiennent à toutes les couches sociales. Même les plus défavorisés, dans un pays où la distribution des richesses est la plus inégale du monde, voteront pour lui, selon les sondages. Les riches se disent que FHC est des leurs. Les pauvres se consolent en pensant qu’un autre serait pire.
Et avec cette arithmétique simple socio-politico-culturelle, Fernando Henrique Cardoso voit pratiquement sa réélection assurée en 1998, trois ans et dix mois après avoir pris pour la première fois la tête de l’Etat, le premier janvier 1995. (AFP)


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