La résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui met fin au mandat britannique sur la Palestine, est à l’époque accueillie avec enthousiasme par la grande majorité des juifs, et avec colère par les Palestiniens et les Etats arabes.
A Tel-Aviv, la foule en liesse danse toute la nuit à l’écoute de la retransmission radio du vote historique de l’ONU. Les Palestiniens sont atterrés et, dès le lendemain, enclenchent des violences qui déboucheront sur la guerre.
Aujourd’hui, la situation est inversée: les Palestiniens, qui avaient fait du 29 novembre une «journée de deuil» annuelle, se sont résignés à l’existence d’Israël.
Ce sont eux qui réclament désormais un partage alors qu’Israël occupe tout le territoire de l’ancienne Palestine mandataire, de la Méditerranée au Jourdain, et s’oppose à la constitution d’un Etat palestinien à ses côtés.
L’ONU, qui a joué un rôle de premier plan dans la création de l’Etat juif, a depuis lors multiplié les résolutions condamnant sa politique d’occupation, dont aucune n’a été appliquée.
Aussi, le gouvernement israélien de droite de Benjamin Netanyahu n’a prévu qu’une célébration discrète de l’événement contrairement à l’éclat qui sera donné aux célébrations en mai prochain du cinquantième anniversaire de l’Etat.
Le ministère des Affaires étrangères doit recevoir des ambassadeurs des pays qui ont voté la résolution et la municipalité de Tel-Aviv doit organiser une fête, samedi soir.
«Corpus separatus»
«Nous n’acceptons pas d’avoir à appliquer, avec cinquante années de retard, une résolution rejetée en son temps par les Arabes», a expliqué M. Netanyahu cette semaine.
La résolution recommandait la création de «deux Etats indépendants arabe et juif» et un statut spécial international pour Jérusalem, sous l’égide de l’ONU, qui n’est jamais entré en vigueur.
L’Etat juif devait s’étendre sur 14.000 km2 et l’Etat arabe, comprenant la Galilée, sur 11.500 km2.
Jérusalem et les localités avoisinantes, y compris Bethléem, devaient former un «corpus separatus» sur un millier de km2.
Le chef du mouvement sioniste, le dirigeant travailliste David Ben Gourion, a donné aussitôt son accord, bien que la résolution ne réponde pas à ses aspirations territoriales, notamment concernant Jérusalem.
L’essentiel pour lui était la reconnaissance internationale d’un Etat juif, accordée sous l’impact du génocide nazi en Europe. La question des frontières sera réglée par la suite, par la force si nécessaire.
Le lendemain du vote, le «numéro un» de l’opposition de droite, alors dans la clandestinité, Menahem Begin, dénonçait la résolution qui «livrait à l’ennemi la plus grande partie de la patrie». Il accusait la direction sioniste de «trahison».
La guerre de 1948 allait permettre à l’Etat juif de s’agrandir d’un tiers, de jeter sur les routes de l’exode plus de 700.000 réfugiés palestiniens et de faire de Jérusalem-Ouest sa capitale de facto.
«Les pays arabes auraient mieux fait d’accepter à l’époque la résolution du partage», devait confier par la suite David Ben Gourion.
En signant un accord de reconnaissance mutuelle avec Israël en 1993, dans l’espoir d’obtenir un Etat sur un territoire plus petit que celui prévu par la résolution 181, la direction palestinienne semblait souscrire à ce point de vue.
Mais les héritiers de Begin, revenus au pouvoir en 1996, lui contestent ce droit et M. Netanyahu a encore réaffirmé avec vigueur cette semaine son opposition à la proclamation d’un Etat palestinien. (AFP)


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