«La crise n’est pas forcément une hypothèque sur l’avenir mais sera plus probablement une aubaine», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Singapour.
«Elle nous a montré qu’il y a dans ces pays, à des degrés divers, des emprunts extérieurs, des monopoles, des contrôles excessifs, une mauvaise gestion de la dette et des mauvaises pratiques. Tous ces facteurs ont constitué une entrave significative à une croissance durable».
Michel Camdessus, qui effectue une tournée dans la région, a estimé que la crise partie en juillet de la Thaïlande était directement liée à la pratique du pouvoir dans ces pays et à un manque de transparence.
«Plus ces facteurs négatifs resteront en place, plus grand sera l’impact», a-t-il estimé.
Dans ce contexte, la crise fournit l’occasion de corriger les mauvaises pratiques et de créer des fondements solides pour le retour à des taux de croissance élevés, a-t-il poursuivi en reconnaissant cependant qu’il serait difficile de faire revenir la confiance.
«La confiance ne se rétablit pas d’un coup de baguette magique. (…) Il faut un engagement fort envers l’ajustement économique et la réforme, illustré par la mise en œuvre de mesures souvent douloureuses».
Depuis le début de la crise, le FMI a orchestré des programmes d’aides d’un montant total supérieur à 40 milliards de dollars au bénéfice de la Thaïlande, de l’Indonésie et des Philippines.
«Mes entretiens avec les dirigeants de la région depuis le début de ma tournée me laissent penser que le processus de rétablissement de la confiance est déjà engagé», a souligné Michel Camdessus, en faisant état d’un «potentiel de croissance» élevé qui devrait permettre aux économies asiatiques de connaître une expansion importante pendant «encore deux décennies ou plus».
Lors d’une conférence de presse ultérieure à Kuala Lumpur, le président du FMI a noté que les pays de la région étaient unanimement opposés à la création d’un fonds asiatique si celui-ci n’était pas lié au Fonds monétaire international. L’idée de ce fonds asiatique indépendant du FMI avait été soulevée lors de l’assemblée annuelle du Fonds en septembre.
Michel Camdessus a au contraire prôné la création d’un groupe de surveillance régional qui aurait à superviser les économies asiatiques, avec pour objectif d’empêcher une nouvelle crise financière. (Reuter)


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