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Actualités - Chronologie

L'Arabie Séoudite face au défi démographique

L’Arabie Séoudite est en quête d’une «vraie» politique visant à relever le défi démographique du royaume, notamment par la création et la «séoudisation» de milliers d’emplois.
«Le pays doit adopter une vraie politique pour faire face au défi démographique. Le royaume, qui se relève encore des dépenses de la guerre du Golfe de 1991, ne peut plus se contenter d’injecter des subventions» dans ses richesses pétrolières, l’Arabie Séoudite a une classe pauvre dont elle doit tenir compte.
«Il y a un fossé important entre les revenus individuels et la richesse du gouvernement… Près de 10.000 Séoudiens ont été arrêtés l’année dernière pour mendicité», relève un diplomate, se référant à des chiffres officiels publiés par la presse séoudienne.
«La redistribution des richesses ne marche pas en Arabie Séoudite, comme au Qatar dont la superficie est nettement moindre et qui dispose d’une société plus solidaire. Il n’y a pas assez de dépenses sociales», ajoute-t-il.
Pour les familles pauvres, le travail de la population féminine augmenterait les revenus.
Mais les femmes dans cette société musulmane ultra-conservatrice constituent une importante ressource inexploitée, leur travail étant limité notamment au secteur de l’éducation en raison de la ségrégation des sexes.
«Autour d’une tasse de café, on entend les femmes se demander quand les tabous sociaux seront brisés et quand les Séoudiennes pourront travailler comme employées de maison à la place des Philippines et des Sri Lankaises», confie une Occidentale.
Dans un effort de «séoudisation» de la main-d’œuvre, le plus grand exportateur de brut entend trouver 650.000 emplois pour ses nationaux lors du plan quinquennal 1995-2000. Un effort similaire dans le plan quinquennal précédent a échoué.
Près de la moitié des 18 millions d’habitants ayant moins de 15 ans, le royaume séoudien aura besoin de créer 3 millions d’emplois au cours des 15 ou 20 prochaines années, selon les estimations de l’économiste Kevin Taecker.
Pour ce cadre de la Saudi American Bank, cette future main-d’œuvre séoudienne aura besoin «d’entraînement et de motivation».
En dépit des programmes de formation financés par le gouvernement, la «séoudisation» n’a réellement commencé que chez les «cols blancs» avec un succès limité, selon un diplomate occidental.
Trop de Séoudiens recherchent des emplois lucratifs dans les bureaux et les administrations. Le secteur pétrochimique est une exception, où la nationalisation des emplois va bon train, commente ce diplomate.
Les autorités ont autorisé l’ouverture d’universités privées, conscients que le niveau d’instruction actuel n’est pas suffisant, selon un diplomate en poste à Ryad.
Pour les travaux non qualifiés, les employeurs préfèrent toujours les travailleurs asiatiques et africains, estimant que la main-d’œuvre locale sera plus chère.

Près de 400.000 travailleurs illégaux — dans un pays où les expatriés comptent pour le tiers de la population — ont été expulsés d’Arabie Séoudite au cours des neuf derniers mois, selon les autorités. (AFP)
L’Arabie Séoudite est en quête d’une «vraie» politique visant à relever le défi démographique du royaume, notamment par la création et la «séoudisation» de milliers d’emplois.«Le pays doit adopter une vraie politique pour faire face au défi démographique. Le royaume, qui se relève encore des dépenses de la guerre du Golfe de 1991, ne peut plus se contenter d’injecter des subventions» dans ses richesses pétrolières, l’Arabie Séoudite a une classe pauvre dont elle doit tenir compte.«Il y a un fossé important entre les revenus individuels et la richesse du gouvernement… Près de 10.000 Séoudiens ont été arrêtés l’année dernière pour mendicité», relève un diplomate, se référant à des chiffres officiels publiés par la presse séoudienne.«La redistribution des richesses ne marche pas en Arabie...