Le premier ministre japonais Ryutaro Hashimoto a assuré au roi Fahd, qui l’a reçu samedi soir, que le Japon voulait élargir les perspectives de coopération avec l’Arabie, «non seulement dans le domaine économique et commercial mais également sur les autres plans», a indiqué un porte-parole japonais.
«Le premier ministre a fait plusieurs propositions au roi Fahd, dont l’augmentation à long terme des échanges commerciaux dans le domaine du pétrole et l’augmentation des investissements japonais en Arabie par la conclusion d’un accord sur la protection des investissements», a déclaré le porte-parole du ministère japonais des Affaires étrangères, Nobuaki Tanaka.
Le roi Fahd «a apprécié les propositions japonaises et demandé qu’elles soient appliquées au plus vite, surtout que les circonstances sont favorables pour la participation d’investisseurs étrangers à des projets dans le royaume», a-t-il ajouté.
Le prince héritier Abdallah ben Abdel Aziz, qui a accueilli M. Hashimoto à son arrivée samedi, a demandé une augmentation immédiate des quantités de pétrole achetées par le Japon, dont l’Arabie est le deuxième fournisseur de pétrole.
Du ressort du
secteur privé
M. Hashimoto a répondu que cette décision était du ressort du secteur privé mais il a «promis de faire mon possible auprès du secteur privé». Il a souligné que les quantités de pétrole importées avaient augmenté de 14,3% sur la période d’avril à septembre par rapport à la même période en 1996, a ajouté M. Tanaka.
M. Tanaka a indiqué que le premier ministre avait brièvement mentionné l’extension de la concession de Khafji, dans l’ancienne zone neutre, entre l’Arabie Séoudite et le Koweit, à la firme japonaise Arabian Oil Co (AOC).
Les deux pays négocient le renouvellement de cette concession qui expire en l’an 2.000. Arabian Oil, premier producteur japonais de pétrole, détient cette concession depuis 1960. La concession d’AOC au Koweit expire en 2003. Le Koweit et l’Arabie détiennent chacun 11% des parts d’AOC.
Selon le quotidien japonais Asahi, le gouvernement séoudien menace d’octroyer ces droits à des sociétés pétrolières américaines ou européennes si Tokyo n’augmente pas substantiellement ses achats.
Il aurait demandé qu’ils passent d’un million de barils/jour à 1,5/2 millions de b/j, a affirmé l’Asahi.
Join-venture
nippo-séoudienne
Entre-temps, le journal Nihon Keizai Shimbun a rapporté qu’une joint-venture nippo-séoudienne dans la pétrochimie, Eastern Petrochemical Co, allait investir 150 milliards de yen (1.21 milliard de dollars) pour augmenter sa capacité de production.
Le partenaire japonais, Saudi Petrochemical Development Co. (SPDC), doit à lui seul apporter 100 des 150 milliards de yen sous forme de prêts de la banque Export-Import du Japon et de banques privées, a indiqué le journal.
Lors de sa visite à Tokyo en mai 1996, le ministre séoudien des Affaires étrangères, le prince Séoud al-Fayçal, avait appelé le Japon à investir davantage dans l’industrie pétrolière de son pays.
Environ 80% (112 millions de barils en septembre) du pétrole japonais provient du Moyen-Orient. Les Emirats arabes unis sont les premiers fournisseurs du Japon (17%, soit 38 millions de barils), suivis par l’Arabie Séoudite (29 mb), l’Iran(14 mb), l’Indonésie (8,8 mb) et Qatar (8,7 mb).
M. Hashimoto a quitté dimanche en milieu de journée l’Arabie Séoudite, où il était arrivé samedi. Un membre de son cabinet, Hiroshi Hirabayashi, devait se rendre dans quatre pays du Golfe, les Emirats, le Koweit, Qatar et Bahrein.
Les six pays arabes du Golfe, dont l’Arabie Séoudite, fournissent 70% du pétrole importé par le Japon. (AFP)


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