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Actualités - Chronologie

La candidature Trichet à la BCE sème la Zizanie dans l'UE

La présentation par la France d’un candidat pour diriger la future Banque centrale européenne (BCE) a plongé l’Union européenne dans une situation délicate dont l’Allemagne détient la solution.
L’annonce de la candidature de Jean-Claude Trichet, actuel directeur de la Banque de France, à la présidence du directoire de la BCE a pris par surprise les responsables européens, qui tenaient pour acquise la nomination du Néerlandais Wim Duisenberg, actuel président de l’Institut monétaire européen.
Les Néerlandais n’ont pas caché leur colère lors d’une réunion des ministres des Finances des Quinze à Bruxelles convoquée pour préparer le sommet européen consacré à l’emploi qui se déroulera les 20 et 21 novembre prochain à Luxembourg.
Gerrit Zalm, ministre néerlandais des Finances, a estimé que la candidature française était une mauvaise chose pour l’euro.
«Je pense que c’est décevant et que ce n’est pas bon pour l’UEM», a-t-il déclaré à son arrivée en soulignant que le candidat néerlandais disposait du soutien d’une large majorité d’Etats membres et qu’il était «le meilleur».
«Il n’y a pas d’interdiction professionnelle, la France peut présenter une candidature», a déclaré le ministre français, Dominique Strauss-Kahn. «Il peut y avoir d’autres candidats».
Lors de la nomination de Wim Duisenberg à la direction de l’IME, en décembre 1996, la plupart des pays avaient estimé normal que cet orthodoxe préside aussi la BCE afin d’achever de rassurer des Allemands, seul le président Jacques Chirac insistant pour dire que la décision ne préjugeait rien.
Plusieurs «grands argentiers» ont d’ailleurs confirmé mercredi leur préférence pour le banquier néerlandais.
Mais Jean-Claude Trichet n’est pas n’importe qui et la France n’est pas n’importe quel pays dans l’Union européenne: l’annonce de sa candidature a dès lors changé la donne.
Le ministre allemand des Finances, Theo Waigel, s’est donc bien gardé de réitérer le jugement pour le moins tranché qu’il avait eu en mai dernier, lorsqu’il avait déclaré: «Je ne connais qu’un candidat, Duisenberg, et je n’en connais pas de meilleur».
Si le ministre allemand a souligné qu’il n’avait «rien à retirer» à ce qu’il avait pu dire de Wim Duisenberg dans le passé, il s’est voulu prudent , tout en critiquant de manière voilée Paris pour la manière dont la candidature a été annoncée.
«Ce n’est pas une situation très aisée et cela ne s’arrange pas par les déclarations publiques qui sont faites», a-t-il dit en confirmant que Bonn avait été informé il y a deux semaines.
La prudence allemande et la colère néerlandaise s’expliquent selon plusieurs diplomates par le calibre de Jean-Claude Trichet et sa réputation sans tache de gestionnaire rigoureux prêt à affronter les politiques pour défendre la stabilité du franc.
«Les jeux ne sont pas faits», souligne un diplomate qui met en garde contre un jugement hâtif qui ferait de Wim Duisenberg un favori parce qu’il aurait le soutien de la majorité des pays.
«Jean-Claude Trichet n’est pas un candidat qu’on peut écarter d’un revers de la main et les Français n’accepteront jamais une décision prise à la majorité qualifiée contre eux. Tout dépendra de ce que décidera le chancelier (Helmut) Kohl».
Même si Theo Waigel et Dominique Strauss-Kahn ont démenti qu’il y ait eu un arrangement en décembre 1993 pour que le premier président de la BCE soit un Français en échange de son installation à Francfort, comme on l’avait affirmé quelques heures plus tôt à Paris, il y aura un marchandage.
Les diplomates estiment que le jeu pourrait être subtil.
Selon la plupart d’entre eux, les candidatures de Wim Duisenberg et de Jean-Claude Trichet s’annuleront mutuellement, d’où la colère des Néerlandais qui, de la présidence de la Commission européenne au secrétaire général de l’Otan, ont vu leurs candidats rejetés pour tous les postes ces derniers temps. (Reuter)
La présentation par la France d’un candidat pour diriger la future Banque centrale européenne (BCE) a plongé l’Union européenne dans une situation délicate dont l’Allemagne détient la solution.L’annonce de la candidature de Jean-Claude Trichet, actuel directeur de la Banque de France, à la présidence du directoire de la BCE a pris par surprise les responsables européens, qui tenaient pour acquise la nomination du Néerlandais Wim Duisenberg, actuel président de l’Institut monétaire européen.Les Néerlandais n’ont pas caché leur colère lors d’une réunion des ministres des Finances des Quinze à Bruxelles convoquée pour préparer le sommet européen consacré à l’emploi qui se déroulera les 20 et 21 novembre prochain à Luxembourg.Gerrit Zalm, ministre néerlandais des Finances, a estimé que la...