«Dans tous les commerces, il y a des règles et des législations. Mais pour une raison ou pour une autre, le Nord s’oppose à toute réglementation en ce qui concerne le commerce des devises», a déclaré dans une conférence de presse le président du sommet, le premier ministre malaisien Mahathir Mohamad, faisant allusion aux pays industrialisés.
Les pays du G-15, une organisation formée en 1989 pour faire contrepoids à l’influence des puissants pays du G-7, ont annoncé une réunion début décembre de leurs ministres des Finances et des gouverneurs de leurs banques centrales pour élaborer un projet de régulations du marché des changes. La réunion aura lieu à Kuala Lumpur les 1er et 2 décembre.
Ce projet sera soumis aux chefs d’Etat des pays respectifs qui le relaieront ensuite au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale.
«Que le FMI concrétise ou non ces réglementations est une autre question, mais nous ferons nos recommandations», a ajouté le premier ministre, estimant que «les gens spéculeront toujours sur les marchés, même avec lois et législations, comme ils le font sur les marchés, même avec lois et législations, comme ils le font sur les marchés boursiers».
Le premier ministre malaisien a indiqué que les réglementations qui seront proposées porteront sur l’origine des fonds utilisés pour la spéculation et sur le paiement éventuel de taxes sur les profits réalisés.
«Des règles doivent être édictées pour que ces taxes soient payées aux pays auxquelles elles sont dues. Ceux qui gagnent de l’argent doivent payer des taxes, ils le doivent à la société. Nous voulons savoir à qui les taxes reviennent», a-t-il dit.
Mahathir a une nouvelle fois dénoncé les spéculateurs «qui se cachent dans des coins sombres... et manipulent des milliards de dollars».
A plusieurs reprises le responsable malaisien a déjà blâmé des financiers étrangers, dont l’américain George Soros, pour la chute brutale depuis juillet de la plupart des monnaies asiatiques.
En l’absence actuelle de régulations, la provenance des fonds «en apparence illimités» qui apparaissaient sur les marchés demeure inconnue et il peut aussi bien «s’agir de blanchiment d’argent et d’argent de la drogue», a déclaré Mahathir.
La globalisation de l’économie mondiale, qui permet ces vastes transferts de fonds et rend les économies faibles plus vulnérables aux secousses financières et boursières, a largement été évoquée dans les travaux du sommet du G-15, tous ses participants se prononçant pour l’établissement de «règles justes» pour la contrôler.
Plusieurs membres du G-15 ont noté que la tendance à la globalisation était «irréversible» et certains, dont le président péruvien Alberto Fujimori, ont estimé que les économies en développement pourraient en tirer profit si elles «s’ouvraient» aux marchés plutôt que de se «refermer sur elles».
Le président Suharto a estimé, lui, que les effets de la globalisation étaient suffisamment vastes et rapides pour justifier une intervention des Nations Unies à qui il a demandé d’étudier un rôle possible de «gestion» de l’évolution en cours.
La rapidité des changements dans le contexte économique a de plus porté les participants du G-15 de Kuala Lumpur à accélérer la fréquence de leurs rencontres.
Le 7e et prochain sommet du G-15 a ainsi été fixé à mai 1998 au Caire, et le 8e sommet aura lieu à Jamaïque en février 1999.
Le groupe du G-15 comprend la Malaisie, l’Egypte, l’Inde, l’Indonésie, l’Algérie, l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Jamaïque, le Mexique, le Nigéria, le Pérou, le Sénégal, le Venezuela, le Zimbabwe et le Kenya. (AFP)


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