La somme de 2,3 milliards de florins demandée lundi par deux associations de créanciers et de détenteurs de titres (VEB) n’était que la partie émergée de l’iceberg.
Dans cette curée contre celui qui fut le plus vieux constructeur d’avions du monde, les syndics contestent la plus grosse partie des sommes réclamées, soit 23,5 milliards de florins.
La compagnie aérienne brésilienne TAM demande près de 230 millions de florins à l’avionneur. Elle le tient pour responsable de l’accident d’un de ses appareils Fokker-100 en octobre 1996 à Sao Paulo (101 morts), vraisemblablement après des problèmes du système de freinage.
La compagnie brésilienne a fondé son estimation sur les compensations financières qu’elle a déjà dû payer après cette catastrophe, et sur celles qu’elle s’attend à devoir verser à l’issue des procédures encore en cours, a expliqué l’avocat de TAM aux Pays-Bas, M. J. Koetsier.
D’autres compagnies aériennes qui s’étaient équipées d’appareils Fokker demandent des compensations. Parmi celles-ci, American Airlines et US Airways demandent respectivement 460 millions et 320 millions de florins: ces compagnies américaines qui disposent de Fokker arguent que leur flotte a perdu de sa valeur avec la faillite du constructeur néerlandais et s’estiment lésées puisque celui-ci n’a pas été en mesure de respecter certains engagements et garanties.
La compagnie italienne Alitalia exige 339 millions de florins. Elle accuse Fokker de rupture de contrat pour la non-livraison des Fokker-70 qu’elle avait commandés.
L’association des détenteurs de titres VEB avait pour sa part fondé sa réclamation sur le fait que Fokker avait publié pendant des années des données n’offrant pas de possibilité de vérifier la santé réelle de l’entreprise, lésant ainsi les investisseurs qui avaient acquis actions et obligations.
Le plus gros créancier de Fokker reste l’Allemand DASA (filiale de Daimler-Benz) qui, selon les derniers chiffres rendus publics, demande au total 5,4 milliards de florins pour créances non recouvrées. DASA avait accordé de gros prêts à Fokker en 1994 et 1995, alors que la situation financière de l’avionneur était déjà bien compromise. Les syndics contestent la plus grosse partie de ce montant. Fokker avait été mis en faillite le 15 mars 1996 après avoir été lâché financièrement par DASA.
Enfin, l’Etat néerlandais aimerait lui aussi récupérer ses billes, soit plus de 885 millions de florins, mais là encore, les syndics ne reconnaissent qu’une infime partie du montant réclamé: à peine 57,2 millions.
Début décembre, une réunion devrait permettre de faire le point sur les arrangements éventuels entre les syndics de faillite et les créanciers gourmands.


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