Les islamistes, hostiles au processus de paix et à tout rapprochement avec l’Etat hébreu, ont décidé de boycotter le scrutin.
Selon des analystes politiques, le processus de paix, bloqué depuis l’arrivée au pouvoir de la droite nationaliste en Israël en 1996, ne jouit plus du soutien dont il bénéficiait auprès des indépendants proches du pouvoir en Jordanie et nettement majoritaires, avec la droite, à la Chambre.
Fermement dénoncé par les islamistes et dix autres partis d’opposition, le traité de paix jordano-israélien conclu en octobre 1994 avait pourtant été adopté par le Parlement par 35 voix pour et 23 contre.
Dans une récente interview au Washington Post, le roi Hussein a déclaré qu’il avait peu confiance désormais dans le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Il s’est référé en particulier à la tentative d’assassinat à Amman, le 25 septembre, d’un responsable du mouvement intégriste palestinien Hamas, Khaled Méchaal, par des agents du Mossad israélien.
«Les conséquences de cet acte ont été catastrophiques pour la confiance que nous avions établie», a souligné le roi Hussein, ajoutant toutefois que la Jordanie ne comptait pas abandonner sa politique de «normalisation» avec Israël.
Les partis de droite et les indépendants à la Chambre sortante avaient chaleureusement accueilli le traité de paix jordano-israélien, convaincus qu’il constituerait le déclenchement d’une nouvelle ère de prospérité pour leur pays, en proie depuis 1990 à une grave crise économique.
Mais les Jordaniens n’ont pas ressenti les dividendes de la paix et ont rapidement déchanté. Pour eux, rien n’a changé au niveau économique. Au contraire, la situation a empiré.
Les accords
économiques
Trois ans après, Israël continue de traîner des pieds pour l’application des accords économiques bilatéraux. «L’Etat hébreu fait valoir des arguments qui ne sont que des prétextes pour ne pas appliquer les accords avec la Jordanie», selon un responsable jordanien.
Il a notamment relevé que l’accord conclu en août pour l’utilisation de l’aéroport d’Akaba, dans le Sud jordanien, par des avions israéliens était toujours lettre morte.
L’actuel blocage du processus de paix israélo-palestinien a incité les islamistes et la gauche jordaniens à multiplier les appels à «l’annulation pure et simple du traité de paix» jordano-israélien et à «la fin de toute normalisation» avec l’Etat hébreu.
Quelque 4 millions de Jordaniens — sur une population totale d’environ 6 millions d’habitants — sont d’origine palestinienne.
L’opposition, qui qualifie le traité de paix de «capitulation dangereuse pour la Jordanie», a cependant limité son action à des déclarations et des prises de position.
Malgré le boycottage du scrutin par cette opposition la plus radicale au processus de paix, les députés de la future assemblée resteront sur leurs gardes.
«Tout Jordanien, qu’il soit de droite ou de gauche, islamiste ou indépendant, ne fait pas confiance à M. Netanyahu et doute de ses intentions de paix», souligne le responsable jordanien.
Pour lui, c’est dans ce «climat général de méfiance, de doute et de suspicion à l’encontre d’Israël que le prochain Parlement siégera».
Mais, assure-t-il, «le traité de paix est un fait accompli, la présence d’une ambassade d’Israël en Jordanie également, et personne ne peut faire revenir les aiguilles de la montre en arrière». (AFP)


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