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Actualités - Chronologie

La difficile marche de la Turquie vers l'Union européenne

La Turquie compte sur la France pour accélérer son adhésion à l’Union européenne tout en sachant que cette adhésion a peu de chance de se concrétiser rapidement. «La France est notre principal soutien et il est vital que cela continue», a déclaré le premier ministre turc Mesut Yilmaz à l’issue d’entretiens à Paris avec le président Jacques Chirac et le chef de la diplomatie française Hubert Védrine.
Paris est disposé à accorder ce soutien sans toutefois aller jusqu’à imposer la Turquie au sein de l’Union.
Ce soutien est d’autant plus «vital» pour Ankara que l’adhésion de la Turquie à l’UE ne va pas de soi pour plusieurs membres de l’Union, sans parler de la Grèce qui y est franchement hostile tant que ne sera pas réglée la multitude de contentieux entre les deux pays voisins.
Pourtant, «la vocation européenne» de la Turquie est régulièrement réaffirmée par les Quinze qui ne peuvent négliger le poids politique et économique de ce pays charnière entre plusieurs mondes, son rôle dans l’OTAN à laquelle elle a adhéré en 1951, et les différents accords que l’UE a conclus avec elle (accord d’association en 1963, union douanière en 1996).
En dépit de ces accords et de sa demande formelle d’adhésion à l’UE en 1987, «la progression de la Turquie vers l’Union se fait à pas désespérément lents» selon un diplomate turc en poste en Europe.
Plus encore, Ankara craint désormais de se faire doubler par les pays d’Europe centrale et orientale, dégagés de la tutelle soviétique depuis l’effondrement de l’URSS au début des années 90.
«La Turquie verrait d’un très mauvais œil que des pays d’Europe centrale, vis-à-vis desquels elle a longtemps été une des clefs de défense dans le cadre de l’OTAN, adhèrent avant elle à l’Union», souligne le même diplomate.
Dans la course à l’adhésion à l’UE, la Turquie est nettement moins bien placée que la Hongrie, la République tchèque ou la Pologne par exemple.
Plusieurs facteurs justifient cet état de fait: un ancrage démocratique relatif, un respect des droits de l’homme succinct notamment dans le Kurdistan, des relations tendues avec la Grèce à propos de la délimitation du plateau continental en mer Egée, de l’espace aérien, et surtout à propos de Chypre.
De plus, le poids économique de la Turquie — 63 millions d’habitants dont près de la moitié de la population active (46%) travaille dans l’agriculture — effraie une partie des Européens craignant de devoir financer, fortement et longtemps, sa mise à niveau avec le reste de l’Union.
Autre argument avancé: la libre circulation des Turcs au sein de l’Union. L’Allemagne, où Mesut Yilmaz s’est rendu fin septembre, a clairement fait savoir qu’elle n’y était pas favorable. Pour apaiser le chancelier Helmut Kohl sur ce point, le premier ministre turc a accepté le principe de longues périodes transitoires.
La Turquie craint également de se heurter à un argument plus insidieux, développé notamment par le Parti populaire européen (PPE, démocrates-chrétiens et conservateurs), selon lequel admettre une Turquie islamiste au sein de l’Europe changerait la nature de cette dernière.
«C’est une façon de penser primitive qui ne cadre pas avec l’idée que nous nous faisons de la rationalité européenne», a estimé Mesut Yilmaz.
Enfin, la Turquie sait que sans amélioration substantielle, et probablement difficile, de ses relations avec la Grèce, son adhésion à l’UE risque d’être durablement différée.
«La Turquie admet avoir des obligations vis-à-vis de l’Europe mais rejette l’idée que l’Europe a des droits sur la Turquie. Car ce serait alors un déséquilibre dangereux», soulignait récemment Bulent Akarcali, un proche du premier ministre actuel. (AFP)
La Turquie compte sur la France pour accélérer son adhésion à l’Union européenne tout en sachant que cette adhésion a peu de chance de se concrétiser rapidement. «La France est notre principal soutien et il est vital que cela continue», a déclaré le premier ministre turc Mesut Yilmaz à l’issue d’entretiens à Paris avec le président Jacques Chirac et le chef de la diplomatie française Hubert Védrine.Paris est disposé à accorder ce soutien sans toutefois aller jusqu’à imposer la Turquie au sein de l’Union.Ce soutien est d’autant plus «vital» pour Ankara que l’adhésion de la Turquie à l’UE ne va pas de soi pour plusieurs membres de l’Union, sans parler de la Grèce qui y est franchement hostile tant que ne sera pas réglée la multitude de contentieux entre les deux pays voisins.Pourtant, «la...