Dans une «déclaration solennelle» faite, à la suite de sa victoire militaire, à Oyo son fief dans le nord du Congo, Sassou Nguesso a appelé «à reconstruire tout ce qui a été détruit».
Sassou Nguesso a lancé un appel pour la «réconciliation nationale» dans un pays où les principaux partis politiques disposent de milices privées organisées sur des bases ethniques ou régionales.
Il a aussi annoncé la mise en place dans «quelques jours, d’un gouvernement d’union nationale qui aura pour tâche la reconstruction du pays devenu un vaste champ de ruines». Mais le poids de la dette, dont les intérêts absorbent 40% des dépenses publiques, risque de réduire les ambitions du nouveau régime.
En 1996, cette dette était supérieure à 3.000 milliards de FCFA, dont 2.785 milliards de FCFA de dette extérieure et plus de 500 milliards de FCFA de dette intérieure. Elle place le Congo en tête des pays les plus endettés du monde par tête d’habitant, selon des chiffres officiels.
La dette bilatérale est évaluée à 1.610 milliard de FCFA, dont 1.500 milliard aux créanciers du Club de Paris. Les autres dettes bilatérales ont été contractées avec d’anciens pays communistes et des Etats arabes.
Différents programmes d’ajustement structurel mis en place depuis 1985 ont échoué.
Programme d’ajustement structurel
Depuis 1994, le Congo était engagé dans un programme d’ajustement structurel avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Grâce à ce programme, le Congo a bénéficié en 1996 d’un rééchelonnement de sa dette extérieure, due aux créanciers du Club de Paris et d’un effacement de 60% d’une partie de cette dette.
Des négociations étaient en cours depuis 1996, avec le Club de Londres, pour la réduction ou le remboursement d’une dette de 365 milliards de FCFA mais ces négociations n’ont pas abouti.
La dette, gagée sur les recettes pétrolières, lesquelles sont estimées à 325 milliards de FCFA et dont les remboursements étaient assurés, jusqu’à présent, par la fiscalité pétrolière des compagnies Elf-Congo et Agip-recherches, a abouti en 1994, à un moratoire avec Elf-Congo.
Ce moratoire prévoit la suspension, pendant trois ans, du remboursement de la dette gagée, en dehors des intérêts qui continueront d’être payés.
Mis à mal par la récente guerre civile, le programme d’ajustement structurel semblait compromis, notamment à la suite des dérapages constatés par plusieurs missions du FMI dans la gestion des recettes fiscalo-douanières. Ces recettes étaient pourtant en hausse et avaient atteint 163 milliards de FCFA en 1996.
En février dernier, le FMI a suspendu le paiement d’une deuxième tranche de 10 millions de droits de tirages spéciaux (DTS) pour protester contre la mauvaise gestion des finances publiques par le régime de Pascal Lissouba.(AFP)


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir