Selon des sources officielles occidentales, dont le ministère belge des Affaires étrangères et le consulat de France à Pointe-Noire (sud-ouest du Congo), des troupes angolaises sont intervenues pour le compte des partisans de M. Sassou Nguesso lors de la prise de la ville. Le gouvernement de Luanda a démenti l’intervention de soldats angolais.
L’Angola s’est par le passé toujours plaint du soutien — même limité à une autorisation de passer les frontières —accordé par le Congo aux indépendantistes du Front de libération de l’enclave de Cabinda (FLEC).
Aussi, en cas de victoire totale des troupes de l’ancien président congolais M. Sassou Nguesso, Luanda pourrait s’assurer une coopération active de Brazzaville dans l’élimination des foyers de guérilla, estiment les analystes.
Lors de l’offensive de Laurent-Désiré Kabila vers Kinshasa pour renverser Mobutu Sese Seko, l’Angola avait envoyé troupes et matériel pour soutenir les forces de l’Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL de M. Kabila) tout en démentant la présence de troupes angolaises dans l’ex-Zaïre.
L’instauration de relations amicales entre Kinshasa et Luanda a pour conséquence d’affaiblir les forces de l’UNITA (ex-rebellion armée) qui disposaient de nombreuses bases au Zaïre, un atout important pour contrôler les régions riches en diamants du nord-est de l’Angola.
Le ministre «Petroff»
De même, une alliance du gouvernement angolais avec M. Sassou Nguesso ne ferait pas disparaître la guérilla indépendantiste au Cabinda mais la mobilité des maquisards en serait largement affectée, estiment les analystes.
En juillet dernier, le ministre angolais de l’Intérieur, André Pitra dit «Petroff» s’était inquiété de la présence de bases d’indépendantistes cabindais au Congo.
L’enclave de Cabinda est située entre la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) et le Congo, et l’activité de la guérilla se concentre aux frontières nord et est du territoire, dans des régions difficiles pour l’armée gouvernementale.
En revanche, l’ouest de l’enclave et sa capitale Cabinda, où se trouve l’essentiel de la production pétrolière, n’ont jamais été affectés par les activités de la guérilla.
Quelques attentats ont eu lieu à Cabinda-ville notamment contre des pylones électriques ou des émetteurs de télévision, mais une offensive de la guérilla serait suicidaire, estiment les analystes.
Le mouvement indépendantiste cabindais est très divisé — on compte une dizaine de factions — mais deux groupes armés restent très actifs. Il s’agit du FLEC-Rénové et du FLEC-FAC (tendance Forces armées cabindaises).
Le dossier Cabinda a été confié à André Pitra, mais les tentatives pour parvenir à un accord de paix avec les indépendantistes ont jusqu’ici échoué.
«Petroff» avait signé une trêve en septembre 1995 avec le FLEC-Rénové dirigé alors par José Tiburcio — remplacé en janvier dernier par Antonio Bento-Bembe — mais n’avait pu obtenir un accord semblable avec le FLEC-FAC.
Territoire portugais du temps de la colonisation, Cabinda avait été rattaché administrativement à l’Angola en 1956.
L’exploitation du pétrole dans l’enclave avait commencé en 1968 et Cabinda produit aujourd’hui, grâce à l’exploitation offshore, l’essentiel du brut angolais avec près de 65 pour cent de la production totale.
La production totale actuelle dépasse les 700.000 barils/jour. (AFP)


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