La rébellion indépendantiste, qui sévit depuis quinze ans en Casamance (sud du Sénégal), s’est étendue ces dernières semaines vers le Nord de la région, où selon de nombreux témoignages, les troupes rebelles se sont concentrées en y implantant plusieurs bases.
Des colonnes d’hommes en armes, selon la presse sénégalaise, ont ainsi été aperçues près de Bounkiling, à 80 kilomètres au nord de Ziguinchor, en train d’installer des bases dans la forêt environnante et de creuser des tranchées, «sous le regard complaisant des populations civiles».
Cette implantation s’effectue progressivement dans une région pacifiée depuis plus de six ans et où, selon de bonnes sources, l’armée sénégalaise vient d’envoyer des renforts.
Les services de sécurité ont également repéré «un afflux massif» de rebelles en armes, fuyant les départements de Ziguinchor et d’Oussouye (Basse Casamance), où l’armée sénégalaise mène une offensive générale contre les bases du MFDC, qui a fait plus de 300 morts. D’autres, notamment les rebelles blessés, s’enfuient vers la Guinée-Bissau au Sud.
Les autorités sénégalaises, soulignent les observateurs, redoutent la reprise de la guerre dans la partie contrôlée par le front Nord du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), et pacifiée après que son chef Sidy Badji eut signé en 1991 avec le gouvernement sénégalais un cessez-le-feu encore en vigueur.
Depuis lors, le Nord était épargné par la violence qui a fait depuis quinze ans des milliers de morts, provoquant la fuite de nombreux Casamançais vers la Guinée-Bissau et la Gambie, au Nord.
Tension accrue
Ces derniers mois, la tension s’est accrue dans la région, où plusieurs attaques meurtrières ont été enregistrées.
Le 18 juillet dernier, une cinquantaine d’hommes armés, membres présumés du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), ont attaqué la brigade de gendarmerie de Diouloulou, près de la Gambie, faisant deux morts et plusieurs blessés.
Le 8 septembre, cinq civils ont été abattus et six autres grièvement blessés au cours d’une attaque d’homme armés contre le village de Diaroumé, dans le même secteur. Le lendemain, 12 adolescents, qui participaient à une fête, ont été abattus à Djibanar par un groupe de rebelles qui leur reprochaient de s’amuser pendant qu’eux se battent.
Ces incidents ont été attribués, dans un premier temps, au Front sud de l’abbé Diamacoune, chef de la branche radicale du MFDC, qui aurait cherché à rallumer le front Nord afin de généraliser la guerre.
Pour leur part, les observateurs estiment que cette nouvelle tension s’explique par la crainte des dirigeants du Front Nord de voir l’offensive militaire en cours s’étendre aux zones qu’ils contrôlent.
Le gouvernement qui, à diverses reprises, a écarté l’option militaire pour résoudre la crise, semble déterminée à en finir une fois pour toutes avec la rébellion en Casamance où l’armée sénégalaise a envoyé d’importants renforts après la mort de 25 soldats le 19 août dans une embuscade.
Malgré la poursuite de l’offensive militaire qui mobilise plus de 3.000 hommes, les rebelles ont réussi à s’infiltrer à Djirack, village situé en Basse-Casamance près du Cap Skirring, où la saison touristique doit démarrer dans deux semaines.
Pour venger la mort d’un de leurs chefs, tué dans le secteur, ils ont égorgé le chef du village et sa fille âgée de 11 ans. (AFP)


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