Aucune charge précise n’a été retenue contre ce prisonnier, qui voit sa détention prolongée tous les six mois par la justice militaire israélienne, en application d’une loi d’urgence héritée du mandat britannique sur la Palestine.
«La dernière période de détention prendra fin le 19 octobre et sera probablement prolongée pour la dixième fois consécutive», a indiqué Mme Souha Bargouthi, femme du prisonnier, originaire de Ramallah.
Ahmed Katamech avait été arrêté le 1er septembre 1992 et a été interné depuis dans une multitude de prisons. Les autorités israéliennes le soupçonnent d’être l’un des dirigeants en Cisjordanie du Front de libération de la Palestine (FPLP de George Habache), mouvement de la gauche radicale palestinienne, farouchement hostile à l’Etat hébreu.
La justice militaire israélienne n’a pas été en mesure, selon sa femme, à établir de manière nette l’implication de son mari dans des actions anti-israéliennes pour le déférer devant un tribunal.
Sa libération a été ordonnée à deux reprises, en décembre 1992 par la Cour suprême d’Israël et, en octobre 1993, par un juge militaire, mais ses décisions n’ont jamais été appliquées.
La famille du détenu s’était pourtant préparée à fêter sa remise en liberté en octobre 1993 après le rejet d’un recours du procureur militaire israélien contre la décision du juge ordonnant sa libération. Mais sa détention a été renouvelée à la dernière minute, les autorités israéliennes affirmant disposer de «nouvelles informations secrètes sur ses activités».
Torturé
Depuis plus d’un an, les autorités israéliennes interdisent à Mme Barghouti de rendre visite à son mari. Ils lui reprochent d’avoir sorti des notes de prison et de les avoir publiées dans un livre racontant les interrogatoires auxquels son mari avait été soumis.
Selon ses avocats, le prisonnier a subi cent jours d’interrogatoires durant lesquels «il a été sévèrement torturé».
Seule la fille du prisonnier, Hanane, 8 ans, est actuellement autorisée à lui rendre visite, grâce à l’intervention de la Croix-Rouge internationale.
Mme Barghouthi tente, avec des organisations de défense des droits de l’homme, de mobiliser l’opinion publique internationale en faveur de son mari et de quelque 300 autres détenus administratifs.
Selon l’organisation palestinienne «Damir» (la conscience) de défense des prisonniers, le nombre de détenus administratifs palestiniens a atteint 700 après les récentes vagues d’arrestations de militants islamistes en Cisjordanie.(AFP)


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