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Actualités - Reportage

La police du tourisme : un bon système antivol (photos)

A moins d’avoir eu à faire à des touristes, peu de Libanais connaissent l’existence de la police du tourisme. Cette brigade est constituée d’agents des FSI détachés auprès du ministère du Tourisme. Si un touriste a un pépin, cette police est là pour l’aider dans les meilleures conditions possibles. Saisie d’une plainte, elle la transmet, après enquête, à la police judiciaire.
Vous êtes touriste en visite dans le beau pays des cèdres. Mais voilà, un problème plus ou moins grave vous oppose aux organisateurs du voyage, à votre hôtelier, à un restaurateur, à un commerçant ou à un particulier... Le recours: la police du tourisme. «Nous intervenons sur demande du ministère du Tourisme, indique le responsable de cette section, le colonel Fouad Bou Khazam. Le touriste lésé dépose une plainte au ministère qui nous saisit de l’affaire. Les délais sont très courts: moins de 24 heures».
Le rôle de cette police spéciale est d’être au service du touriste. Le décret réglementaire No 1157 daté du 2 mai 1991 redéfinit les missions de ce corps de police: faire respecter les lois et les règlements se rapportant au tourisme au Liban; recevoir à l’aéroport ou au port les groupes de touristes qui en ont fait au préalable la demande au ministère; vérifier que les prix pratiqués dans les lieux publics sont en accord avec les prix déclarés au ministère; assurer l’ordre dans les endroits publics touristiques, comme les sites, les plages ou les pistes de ski, les hôtels et les restaurants...
Les agents sont parfois mobilisés aussi pour «accompagner des cinéastes qui filment au Liban et assurer leur sécurité», indique le colonel.
Des tâches variées qu’accomplissent «28 éléments», indique le colonel. «Une dizaine est confinée dans les bureaux. Le reste est sur le terrain. Ils enquêtent, ils font des patrouilles, ils sillonnent tout le territoire national...». Bien qu’en nombre insuffisant, «ils font du bon travail. Il est évident que nous souhaiterions disposer d’effectifs plus nombreux, et nous en faisons régulièrement la demande...».


Un double rôle

«Notre souci est d’éviter au touriste tout déboire afin qu’il garde une idée positive de son séjour ici», souligne le colonel Bou Khazam. «Nous avons un rôle préventif et un rôle répressif. Des agents patrouillent dans les différents endroits touristiques, vérifiant les permis d’exploitation, la qualité et les prix des prestations, détaille le colonel. Ils peuvent également s’assurer que le personnel étranger est en règle et que les normes d’hygiène sont respectées». La police a dressé, cet été, 82 procès-verbaux. «Les condamnations, fixées par le juge, vont de 500.000 à 1,5 million de LL en fonction de l’infraction. Sanction parfois assortie d’une peine d’emprisonnement de 10 jours», précise le responsable. Toute irrégularité se solde par un rapport... en principe. Et le bakchich? «Nous n’avons reçu aucune plainte de cet ordre, souligne le colonel... De toute façon, si un membre de la police est convaincu de bakchich, il est immédiatement viré sans indemnités et il se voit privé de tout droit civique!».
Quand ces policiers sont saisis d’une plainte, ils agissent rapidement. «Une enquête est généralement menée en moins de 48 heures et le dossier immédiatement transmis à la justice». Mais le touriste, lui, n’a pas forcément les moyens d’attendre une décision des tribunaux. «C’est vrai. Mais nous réussissons en général à lui obtenir gain de cause. Quand il est victime d’une escroquerie ou quand un commerçant indélicat lui présente une facture non conforme au prix annoncé, nous l’aidons à récupérer son argent».
Un exemple parmi 19 plaintes déposées cet été: une troupe de danse étrangère vient au Liban pour quatre représentations. Un contrat signé en bonne et due forme stipule un certain nombre de conditions, dont le paiement par avance des cachets. L’organisateur libanais n’honore pas ses engagements. Grâce à l’intervention de la police du tourisme, il s’est vu obligé de tenir ses promesses, et la troupe a été payée... «C’est le cas le plus important que nous ayons eu à régler cet été, dit le colonel Bou Khazam. Nous ménageons toujours le touriste. Il faut qu’il emporte dans ses bagages une bonne image du pays». Autre fait marquant, «les touristes arabes et séoudiens en particulier, souvent victimes de l’appétit insatiable des commerçants, se laissent de moins en moins faire».
Depuis sa réactivation, en 1991, la police touristique a vu le nombre des plaintes augmenter d’année en année. «Cela est dû au nombre croissant de touristes. Cet été, nous avons enregistré près de 100.000 touristes, constate le colonel. De plus, depuis cet été, le ministère du Tourisme a installé un bureau d’information à l’aéroport. Mieux informés, les étrangers savent maintenant où s’adresser en cas de pépin».
Le colonel Bou Khazam estime qu’en 1993, date de sa prise en charge, «plus de 80% des établissements touristiques étaient en infraction. Les choses sont rentrées dans l’ordre, exception faite des établissements balnéaires, dont le problème attend d’être réglé, politiquement...». Et il ajoute: «Aujourd’hui, plus de 90% des établissements sont en règle avec les lois».
Touristes, vadrouillez en paix, la police touristique veille... Et surveille.

Aline GEMAYEL
A moins d’avoir eu à faire à des touristes, peu de Libanais connaissent l’existence de la police du tourisme. Cette brigade est constituée d’agents des FSI détachés auprès du ministère du Tourisme. Si un touriste a un pépin, cette police est là pour l’aider dans les meilleures conditions possibles. Saisie d’une plainte, elle la transmet, après enquête, à la police judiciaire.Vous êtes touriste en visite dans le beau pays des cèdres. Mais voilà, un problème plus ou moins grave vous oppose aux organisateurs du voyage, à votre hôtelier, à un restaurateur, à un commerçant ou à un particulier... Le recours: la police du tourisme. «Nous intervenons sur demande du ministère du Tourisme, indique le responsable de cette section, le colonel Fouad Bou Khazam. Le touriste lésé dépose une plainte au ministère qui...