Les Etats-Unis n’ont peut-être pas dit leur dernier mot sur le paiement de leurs arriérés de contributions à l’ONU, a estimé le ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine.
Le chef de la diplomatie française participe comme la plupart des dirigeants de la communauté internationale à l’Assemblée générale de l’ONU qui a entamé lundi ses débats et entendu notamment le président américain Bill Clinton.
Interrogé sur l’allocution du président américain, M. Védrine l’a jugé «intéressante». «Sa vision générale avait un certain souffle et (même sur la dette) il avait une façon positive de parler de l’ONU», a-t-il ajouté.
Le président Clinton a déclaré à l’ONU qu’il travaillait avec le Congrès pour adopter une loi qui permettrait à Washington de payer «l’essentiel» de ses arriérés.
La dette américaine qui pèse lourdement sur le fonctionnement de l’ONU s’élève à environ 1,5 milliard de dollars. Washington envisage de n’en payer que 900 millions, une fois la quote-part des Etats-Unis revue à la baisse.
Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, qui avait parlé peu avant M. Clinton, a appelé tous les Etats à payer «sans conditions» et à liquider leurs arriérés.
L’intransigeance américaine suscite l’irritation à peine déguisée des autres membres de l’ONU qui y voient une sorte de chantage, et plusieurs ministres occidentaux comme le Danois Poul Nyrup Rasmussen et surtout le norvégien, Bjorn Tore Godal, n’ont pas mâché leurs mots, ce dernier la qualifiant «d’inacceptable».
En évoquant avec quelques journalistes le discours américain M. Védrine s’est montré plus nuancé. «Les discussions (sur la dette) ne font que commencer, a-t-il dit. On sait que l’essentiel est déterminé par une négociation intra-américaine entre l’administration Clinton et le Congrès. On voit bien qu’on a affaire à une administration qui essaie d’obtenir un accord avec le Congrès qui lui permet de respecter une partie de ses engagements par rapport à l’ONU, pour avoir une vraie politique par rapport à l’ONU. Il y a là quand même un élément de rigidité, mais je ne dirais pas que c’est une position qui ne peut pas bouger du tout».
Interrogé par ailleurs sur la décision des pays de la Ligue arabe de permettre à certains avions libyens d’atterrir sur leur territoire, il a relevé qu’elle n’engageait qu’eux et certainement pas le Conseil de Sécurité de l’ONU, qui avait décrété en 1992 des sanctions internationales contre le régime du colonel Mouamar Kadhafi, pour le contraindre à livrer des suspects recherchés dans l’enquête sur l’explosion d’un vol de la compagnie américaine Pan Am au-dessus de Lockerbie en Ecosse. (AFP)


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