La monnaie malaisienne est cotée lundi à Singapour 3,0570 pour un dollar. Le ringgit avait terminé à 3,0225 vendredi. Selon les analystes, il pourrait descendre dans la journée à 3,1000 par rapport au billet vert.
A Kuala Lumpur, la Bourse malaisienne était à mi-séance lundi en baisse de 2,3%.
Le baht thailandais a subi également une nouvelle baisse record avec 36,38 baht pour un dollar, alors que vendredi dernier, à la clôture, il était coté 35,75. Cette baisse est due également, outre la faiblesse du ringgit, à un possible renversement du gouvernement Chaowalit.
Le dollar de Singapour, réputé solide, est coté lundi 1,5275. Vendredi, il valait 1,5178 pour un dollar américain. Quant à la monnaie indonésienne, elle poursuit son plongeon avec 3.040 roupies pour un dollar.
Seul le peso philippin remonte à 31,80, avec une hausse de 4,5%, après une manifestation monstre à Manille au cours de laquelle le président Fidel Ramos, pour apaiser la foule, a réaffirmé sa volonté de ne pas briguer un nouveau mandat.
Samedi, à Hong Kong, le premier ministre malaisien avait déclaré que les transactions sur les changes sont «inutiles, improductives et totalement immorales» et devraient être interdites».
M. Mahathir, qui s’exprimait dans le cadre d’un séminaire en marge des réunions monétaires du FMI et de la Banque mondiale, avait ajouté: «Nous n’avons pas besoin de transactions sur les changes. Nous avons besoin de devises comme on vend des matières premières».
Selon lui, la crise monétaire qui secoue l’Asie du sud-est est «manipulée» par quelques riches individus qui veulent que cette région replonge dans la pauvreté.
Cette déclaration a immédiatement déclenché la riposte du financier George Soros qui estimait, toujours à Hong Kong, que le premier ministre malaisien constituait une «menace pour son propre pays».
«M. Mahathir m’utilise pour couvrir ses propres échecs», a poursuivi le milliardaire américain. «Il ne pourrait pas s’en tirer s’il était soumis au contrôle d’une presse libre».
Pour George Soros, si la proposition de M. Mahathir était prise au sérieux «les conséquences seraient désastreuses».
Selon les analystes, le ringgit connaîtrait une chute encore plus importante, si le vice-premier ministre et ministre des Finances malaisien, Anwar Ibrahim, n’avait pas tempéré les propos de M. Mahathir. Dans une déclaration faite dimanche à Hong Kong, M. Anwar a laissé entendre qu’il n’y aurait «absolument aucun changement» sur le marché des changes de Malaisie. (AFP)


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