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Actualités - Biographie

Un grand dirigeant reclus dans l'attente d'une intronisation

Le «grand dirigeant» Kim Jong-Il est demeuré ces trois dernières années comme une ombre silencieuse à la tête de la Corée du Nord.
Depuis la mort de son père Kim Il-Sung en juillet 1994, il ne s’est exprimé en public ou a reçu un visiteur étranger, mais les médias nord-coréens rapportent régulièrement ses visites aux unités militaires ou sa présence à des créations artistiques mais ils n’ont jamais cité textuellement ses paroles.
A 55 ans, toujours vêtu d’une veste à la coupe quasi-militaire, le visage gris et fermé, il a retrouvé ses rondeurs, perdues après la disparition de son père.
Personne ne connaît son rôle dans les grandes décisions politiques des derniers mois, dont certaines ont marqué un tournant radical dans la ligne politique, notamment l’acceptation en 1995 d’une aide internationale pour faire face à une situation de famine potentielle.
Personne ne sait si, trois mois après la disparition du président, son fils a décidé seul le gel d’un programme nucléaire soupçonné par la communauté internationale de viser uniquement à la fabrication de bombes atomiques.
Il a obtenu en contrepartie des Etats-Unis un engagement de construire deux centrales de remplacement et des fournitures de pétrole, avec la contribution de la Corée du Sud et du Japon.
Les rares visiteurs à Pyongyang sont unanimes, comme les experts de la Corée du Nord à Séoul ou Tokyo, à dire que le jeune Kim détient de facto le pouvoir, même s’il n’y a toujours pas officiellement de chef du parti et de l’Etat.
Il est en fait «le grand dirigeant en attente» depuis vingt-sept ans, depuis que son père l’a désigné comme son hériter en 1978, une succession dynastique qui avait choqué le monde communiste de l’époque.
La propagande s’était alors mise au travail, se préparant à inonder le pays de son image.

Cognac et
femmes

Les Occidentaux considèrent qu’il est né en Sibérie soviétique, mais la biographie officielle situe cette naissance dans un camp de la résistance antijaponaise, sur le mont Paektu, devenu depuis un lieu légendaire, objet de pèlerinages.
Kim Jong Il a été nommé au comité central du Parti des travailleurs (communiste) en 1964, à peine à l’âge de 18 ans, selon sa biographie officielle. Après quelques études d’économie en Allemagne de l’Est, il se consacre à son retour à ses passions, le cinéma, l’opéra et la propagande.
On ne sait presque rien de ses talents d’administrateur qui, aux dires de certains transfuges, seraient des plus médiocres. Il est mis en cause, par certains, pour avoir été l’instigateur d’un attentat meurtrier contre des ministres sud-coréens à Rangoon en 1983 et de la destruction par une bombe d’un avion de la Korean Airlines qui avait fait 115 morts en 1987.
Les rumeurs lui prêtent un goût prononcé pour le cognac et les femmes, lui attribuant au moins trois épouses.
Des transfuges l’ont décrit comme un insomniaque convoquant les officiels au milieu de la nuit, liant son faible penchant à paraître en public à des problèmes de santé, une élocution hésitante ou la difficulté de soutenir la comparaison avec un père statufié comme un héros.
En 1990, il devient commandant suprême des forces armées, bien qu’il n’ait jamais servi dans la moindre arme. C’est toujours son unique titre officiel.
Depuis la disparition de Kim Il-Sung, toutes les décisions sont présentées par la propagande comme obéissant à la volonté du fondateur du pays.
La promotion, en avril, de 123 généraux, le plus grand remaniement à la tête de l’armée depuis l’époque de son père, a confirmé pour les analystes qu’il agissait de son propre chef. Ils y avaient vu une étape majeure dans cette marche silencieuse vers le pouvoir absolu. (AFP)
Le «grand dirigeant» Kim Jong-Il est demeuré ces trois dernières années comme une ombre silencieuse à la tête de la Corée du Nord.Depuis la mort de son père Kim Il-Sung en juillet 1994, il ne s’est exprimé en public ou a reçu un visiteur étranger, mais les médias nord-coréens rapportent régulièrement ses visites aux unités militaires ou sa présence à des créations artistiques mais ils n’ont jamais cité textuellement ses paroles.A 55 ans, toujours vêtu d’une veste à la coupe quasi-militaire, le visage gris et fermé, il a retrouvé ses rondeurs, perdues après la disparition de son père.Personne ne connaît son rôle dans les grandes décisions politiques des derniers mois, dont certaines ont marqué un tournant radical dans la ligne politique, notamment l’acceptation en 1995 d’une aide internationale...