La Turquie participera avec deux hélicoptères et deux frégates à ces manœuvres qui se dérouleront dans les eaux territoriales et l’espace aérien internationaux, au large d’Israël et au sud de Chypre, selon la même source.
«Les manœuvres ont le but unique de mener des activités urgentes en coordination de recherche et de sauvetage», a indiqué l’agence, sans citer de source.
Les Etats-Unis «ne seront pas dans la position de leader» et la «souveraineté d’aucun pays ne sera violée» lors de ces manœuvres, a ajouté Anatolie, sans autre précision.
Ces manœuvres, dont le projet existait depuis plusieurs mois, ont suscité à l’avance de vives réactions dans plusieurs pays arabes, notamment la Syrie, l’Egypte et l’Irak, qui y voient une menace contre le monde arabe, notamment la Syrie.
Mardi, lors d’une visite de quelques heures en Egypte, le président turc Suleyman Demirel avait rassuré son homologue égyptien Hosni Moubarak sur le caractère pacifique de ces manœuvres, à quatre jours d’une réunion de la Ligue arabe consacrée en partie à la coopération militaire entre Ankara et Israël.
«Au début, ces exercices paraissaient très suspects et tous les pays arabes étaient très inquiets car ils étaient organisés à un moment critique», en raison de la crise du processus de paix au Proche-Orient, avait déclaré M. Moubarak après avoir rencontré M. Demirel à Alexandrie, sur la Méditerranée.
La tenue de ces exercices, organisés en vertu d’un accord-cadre militaire signé entre la Turquie et Israël en février 1996, était prévue depuis le début de l’été 1997 mais aucune date définitive n’avait été avancée.
«Nous soulignons que la coopération entre Israël et la Turquie est comme toute autre coopération entre deux pays amis et qu’elle n’est dirigée contre aucun pays tiers quel qu’il soit», avait-on ajouté de même source.
Un porte-parole de la diplomatie turque avait, de son côté, qualifié d’«injustifiées et exagérées» les réactions du monde arabe à l’organisation de ces manœuvres. «Nous avions déjà indiqué que ces manœuvres étaient destinées à des fins humanitaires de recherche et de sauvetage (…). Elles n’ont aucun aspect stratégique et aucun pays tiers n’est visé», avait-il ajouté.
L’intention manifestée en mai dernier par la Turquie et Israël d’organiser ces manœuvres navales conjointes, auxquelles étaient également conviés les Etats-Unis, avait fait rebondir l’inquiétude générale des pays arabes et aussi de l’Iran à propos de la coopération militaire turco-israélienne.
L’accord-cadre de 1996 prévoit notamment des échanges d’informations, de personnels et surtout l’autorisation réciproque aux avions de combat des deux pays d’effectuer des vols d’entraînement dans le ciel de l’autre.
La coopération militaire connaît un essor spectaculaire depuis l’an dernier, avec notamment des accords majeurs de coopération dans les domaines de la défense et de l’industrie militaire.
En vertu de ces accords, Israël a lancé en février dernier sur son territoire le processus de modernisation de la flotte turque de chasseurs bombardiers Phantom F-4E qui seront dotés d’équipements sophistiqués, radars, systèmes de navigation et brouillage électronique. (AFP)

