Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les africains apprennent leur médecine traditionnelle en France

Pouvoir enseigner officiellement les médecines traditionnelles dans les pays où elles se perpétuent seulement oralement est l’ambition d’une dizaine de spécialistes qui suivent, depuis lundi, un cycle de cours de deux semaines à l’Institut européen d’écologie de Metz (est).
Professeurs d’universités, pharmaciens, médecins ou chercheurs, ils sont venus du Burkina-Faso, du Mali, du Sénégal, du Cameroun et de Côte d’Ivoire, mais aussi du Mexique, pour s’imprégner de cette médecine qui soigne 70% de la population mondiale.
«Dans nos villages, on prend plus facilement une décoction de plantes suivant la recette d’une grand-mère, d’un marabout ou d’un sorcier qu’un cachet d’aspirine», a analysé Lassey Jonas Mensah, pharmacien à Abidjan, affirmant que cette médecine est «difficilement accessible» aux étudiants africains.
«Jadis, à 12 ans, on apprenait la médecine traditionnelle dans le bois sacré», a renchéri Arouna Keita, professeur de médecine au Mali. «Mais, avec la colonisation, les jeunes ont été formés à la médecine moderne. Résultat: les thérapeutes des villages et le médecin ne parlent plus le même langage».
Cette médecine traditionnelle n’a pourtant pas seulement un intérêt pour les malades de ces pays en voie de développement qui l’acceptent aussi pour ses rites et son aspect mystique. Bien qu’elle soit difficilement diffusée hors des campagnes et des tribus, elle apparaît aussi essentielle pour le monde occidental.
«C’est un moyen de trouver des remèdes à moindre prix à base de plantes», a admis Jacques Fleurentin, maître de conférence à l’université de Metz, organisateur de cet enseignement multidisciplinaire, le premier du genre en Europe, auquel participent également des médecins, des pharmaciens, des étudiants, français, luxembourgeois et allemands.
«Le but de l’éthnopharmacologie qui se pratique à Metz est de fournir un outil scientifique moderne pour évaluer l’intérêt thérapeutique d’une plante. Nous mettons en évidence ses bienfaits, mais aussi parfois sa toxicité», a poursuivi M. Fleurentin.
C’est ainsi que l’harpagophytum, une plante d’Afrique du Sud, est désormais dans toutes les bonnes pharmacies occidentales pour soigner les inflammations, de même qu’a été démontré l’intérêt d’une infusion de feuilles de goyaves pour lutter contre les dérangements intestinaux.
«On peut citer plus d’une cinquantaine de plantes qui ont des effets bénéfiques pour nos maux quotidiens, mais il y en a aussi des toxiques comme le chardon à glue que l’on utilise dans le bassin méditerranéen», a souligné M. Fleurentin qui veut ouvrir cette médecine traditionnelle au public le plus large possible. (AFP)
Pouvoir enseigner officiellement les médecines traditionnelles dans les pays où elles se perpétuent seulement oralement est l’ambition d’une dizaine de spécialistes qui suivent, depuis lundi, un cycle de cours de deux semaines à l’Institut européen d’écologie de Metz (est).Professeurs d’universités, pharmaciens, médecins ou chercheurs, ils sont venus du Burkina-Faso, du Mali, du Sénégal, du Cameroun et de Côte d’Ivoire, mais aussi du Mexique, pour s’imprégner de cette médecine qui soigne 70% de la population mondiale.«Dans nos villages, on prend plus facilement une décoction de plantes suivant la recette d’une grand-mère, d’un marabout ou d’un sorcier qu’un cachet d’aspirine», a analysé Lassey Jonas Mensah, pharmacien à Abidjan, affirmant que cette médecine est «difficilement accessible» aux...