Les autorités israéliennes ont-elles enlevé les enfants des immigrés yéménites pour les confier en adoption à des Israéliens d’origine européenne entre 1948 et 1950?
Longtemps passée sous silence malgré les déclarations de ces familles juives évacuées clandestinement du Yémen dans le cadre de l’opération «Tapis volant», l’affaire a été confirmée pour la première fois par un dirigeant israélien de l’époque.
Dans un entretien accordé à la deuxième chaîne de télévision, le rabbin Menachem Porush a affirmé que ces enfants avaient bel et bien été arrachés à leur famille.
«L’enlèvement des enfants yéménites est la tache la plus honteuse qui macule l’Etat d’Israël», a déclaré cet ancien dirigeant influent, ex-député à la Knesset et ex-chef du parti ultra-orthodoxe Agudat Israël.
Ces enlèvements, a-t-il assuré, ont été conduits à l’insu du premier ministre fondateur de l’Etat d’Israël, David Ben Gourion. Toujours selon Porush, ils avaient été conçus par des assistants sociaux et des dirigeants de la gauche israélienne, qui avaient «pitié des conditions dans lesquelles vivaient ces familles».
«Pour le bien de ces enfants, pour qu’ils ne souffrent pas de la faim, ils les ont pris, les ont élevés et les ont cachés à leurs parents», a poursuivi Menachem Porush.
«Je me souviens d’une discussion que nous avions eue à ce sujet, Ben Gourion et moi. Il ne me croyait pas. Il me disait: «Excusez-moi, avez-vous vérifié ces allégations?» «Je lui avais répondu: «C’est un fait, vérifiez et vous serez convaincu»».
Les Israéliens d’origine yéménite affirment de longue date que les autorités ont enlevé des centaines d’enfants hospitalisés entre 1948 et 1950. Aux mères qui les réclamaient, on répondait que leurs enfants étaient morts.
Selon la deuxième chaîne de télévision israélienne, les déclarations de Porush constituent «la première confession de ce type par une personnalité liée à l’establishment de cette époque».
Le mois dernier, une Israélienne vivant aux Etats-Unis avait relancé le scandale en annonçant avoir retrouvé sa mère biologique. Des tests scientifiques avaient confirmé sa filiation.
Une commission d’enquête a été créée pour éclaircir ces disparitions des enfants yéménites. Un premier rapport publié en 1994 après six ans d’investigation avait conclu que ces enfants étaient morts de maladie. Les rapporteurs ajoutaient n’avoir trouvé aucune preuve fondant l’hypothèse de ces rapts. (Reuter)


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