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Actualités - Chronologie

Les séparatistes déterminés à garder leurs prisonniers de guerre (photo)

Les séparatistes anjouanais affirment qu’ils garderont en détention les soldats fédéraux arrêtés sur leur île tant que subsistera un risque de nouveau débarquement et que le président comorien n’aura pas «respecté ses engagements».
Environ 80 soldats ont été faits prisonniers la semaine dernière lors de l’intervention militaire déclenchée par le gouvernement fédéral pour mater la rébellion anjouanaise. Cette opération s’était transformée en déroute pour l’armée comorienne, avec des morts, des blessés, des prisonniers et nombre de déserteurs.
Le porte-parole des indépendantistes, Mohamed Abdou Madi, a déclaré «ne rien demander en échange» de la libération des prisonniers, mais il a exposé une série d’exigences qui ressemblent pourtant à des conditions.
Interrogé par téléphone depuis l’île voisine de la Grande Comore, il a d’abord affirmé qu’il n’était pas question de libérer immédiatement ces hommes, qu’il a qualifiés de «prisonniers de guerre».
Le président comorien, Mohamed Taki Abdoulkarim, doit «d’abord tenir ses engagements», c’est-à-dire, notamment, permettre la livraison d’une cargaison de carburant attendue depuis plusieurs semaines à Anjouan.
«Il faut aussi qu’il répare les dégâts» causés par l’intervention militaire. «Des maisons ont été endommagées, des gens sont mutilés, définitivement paralysés», a poursuivi le prote-parole.
D’autre part, ces détenus représentent pour les séparatistes une sorte de garantie contre toute nouvelle intervention militaire.
«Les prisonniers sont là, nous les gardons, et leur avenir dépendra des intentions de Taki», a expliqué Abdou Madi, estimant que leur présence dissuaderait le gouvernement de tenter encore une fois de «recourir à la force» contre les Anjouanais.

Moyen de pression

«Nous ne pouvons plus faire confiance à Taki», a poursuivi le porte-parole, en réaffirmant que l’indépendance d’Anjouan était «irréversible».
Avant l’intervention militaire, les séparatistes estimaient déjà que l’indépendance de l’île n’était pas négociable. Mais ils avaient pourtant accepté d’aller discuter avec le gouvernement Taki, sous les auspices de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA).
La conférence intercomorienne d’Addis Abeba aurait dû commencer le 10 septembre, mais a été annulée en raison de l’intervention militaire.
Maintenant, selon Abdou Madi, les séparatistes ne veulent plus avoir pour interlocuteur le président Taki. «On ne discute plus avec lui. Il a essayé la force, il a échoué», a-t-il déclaré.
Un représentant de l’organisation humanitaire Pharmaciens sans Frontières (PSF) avait indiqué mardi que 82 prisonniers militaires comoriens avaient été recensés à Anjouan.
Les journalistes qui ont vu ces prisonniers ont constaté qu’ils semblaient bien traités et, selon Abdou Madi, un représentant du Comité international de la Croix-rouge (CICR) devait les rencontrer jeudi.
Le porte-parole des séparatistes a enfin reproché aux autorités comoriennes de ne pas avoir contacté la «coordination» séparatiste pour discuter avec elle du sort des prisonniers. «Ce n’est pas la Croix-rouge qui doit négocier», a-t-il estimé.
Le porte-parole du président Taki avait indiqué que les autorités avaient demandé à la Croix-rouge et au PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) de tenter de récupérer les prisonniers. «Nous craignons que ces détenus soient utilisés comme un moyen de pression par les séparatistes», avait-il déclaré. (AFP)
Les séparatistes anjouanais affirment qu’ils garderont en détention les soldats fédéraux arrêtés sur leur île tant que subsistera un risque de nouveau débarquement et que le président comorien n’aura pas «respecté ses engagements».Environ 80 soldats ont été faits prisonniers la semaine dernière lors de l’intervention militaire déclenchée par le gouvernement fédéral pour mater la rébellion anjouanaise. Cette opération s’était transformée en déroute pour l’armée comorienne, avec des morts, des blessés, des prisonniers et nombre de déserteurs.Le porte-parole des indépendantistes, Mohamed Abdou Madi, a déclaré «ne rien demander en échange» de la libération des prisonniers, mais il a exposé une série d’exigences qui ressemblent pourtant à des conditions.Interrogé par téléphone depuis...