Les médias britanniques, privés de leur icône Diana, reportent leur attention sur son fils aîné, le prince William, orphelin de 15 ans, poussé à son corps défendant sous le feu des projecteurs car appelé un jour à monter sur le trône.
Comme de son vivant la princesse de Galles, l’adolescent au sourire timide tend à voler la vedette de la chronique royale à son père, le prince Charles, pourtant héritier direct de la reine Elizabeth II, dont le style guindé et la solennité compassée n’ont jamais inspiré la presse.
«Les objectifs des photographes, enclins à satisfaire l’appétit désormais insatiable du public pour la famille royale, cherchent déjà un nouveau visage vers lequel se diriger», prévient le «Guardian». «Leur quête semble devoir les amener vers cette mine sensible et gamine qui, de manière troublante, est semblable à celle de Diana, celle du prince William», ajoute le journal.
Depuis deux jours, la plupart des quotidiens, terrifiés à l’idée que la mort de la turbulente Diana fasse retomber la monarchie britannique dans une torpeur cérémonieuse, lui consacrent de long articles. Psychologues et psychiatres sont convoqués pour se pencher sur son cas et tenter de savoir comment William, deuxième dans la ligne de succession à sa grand-mère Elizabeth, pourra surmonter l’épreuve.
Le cocon d’Eton
Beaucoup s’inquiètent de le voir rapidement happé par les Windsor et leur pompe, transformé en petit prince modèle et raide, alors qu’il a pu jusqu’à présent jouir d’une vie presque normale aux côtés de sa mère, visitant les parcs d’attraction, se redant au cinéma ou faisant du rafting.
Les premiers signes ont été peu encourageants. Quelques heures seulement après la mort de leur mère, Willam et son frère Harry, 12 ans, toute émotion contenue, ont été montrés aux hordes de la presse qui les attendait et emmenés à un service religieux près de Balmoral (Ecosse).
Avant sa mort, Diana s’était employée à protéger ses fils de l’avidité médiatique. A l’abri dans le cocon du très prestigieux pensionnat d’Eton près de Londres, William n’était que peu apparu en public, menant une vie relativement paisible, même si les tabloïds lui ont déjà prêté des amourettes d’adolescent. Cette quiétude semble appartenir au passé.
«Il ne peut pas se tenir complètement à l’écart des journaux», estime le «Guardian». L’hostilité que l’adolescent éprouvait à l’égard des médias de son pays était pourtant de notoriété publique. Elle avait débuté sur les pentes d’une station de ski autrichienne alors qu’il n’avait que 11 ans. Furieux de voir qu’un groupe de photographes suivait sa mère, il s’était dirigé vers les paparazzi et avait dû être retenu par des policiers.
Le quotidien «The Express» l’appelle à «pardonner» et à faire face à ses nouvelles responsabilités. «Malheureusement, la position de William est telle que l’intérêt qu’on lui porte ne va faire que croître», écrit le quotidien populaire. Tandis qu’un psychologue implore le prince de comprendre qu’«il y a un prix à payer à tous ses privilèges, celui d’une vie privée réduite». (AFP)


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