Patrimoine artistique maronite, l’église elle-même est un monument historique. Construite au début du XVIIe siècle en l’honneur de la Vierge, par des bergers qui faisaient hiverner dans la région leurs troupeaux, et qui trouvaient refuge dans un «Khan» appelé Beit Chébab, le bâtiment a été remanié et élargi à plusieurs reprises. Le bâtiment actuel a été achevé en 1900.
Le tableau lui-même a souffert de nombreux accrocs. En 1840, trouvant trop fervente la dévotion à la Vierge de l’émir Haïdar Abillama, les soldats d’Ibrahim Pacha tirent sur la toile. En 1860 un cavalier pénètre à cheval dans l’église et perce le tableau de sa lance. Depuis, il est connu par les paroissiens comme celui de la «Vierge blessée». En 1868, pour punir les habitants de Beit Chébab, qui avaient accueilli Youssef Bey Karam au son des pipeaux et des tambours, Daoud Pacha ordonne que le village soit brûlé. L’icône en sort brunie par les flammes.
La relique artistique dormira plus de cent ans dans un coffre de boix et de verre. Confié en 1994 à un atelier de restauration d’icônes dirigé par une religieuse, Sœur Agnès de la Croix, le tableau est radiographié et révêle l’existence de trois couches de peinture superposées. Avec l’accord de Mgr Youssef Béchara, évêque maronite d’Antelias, on décide alors d’en restaurer la couche la plus ancienne. Consulté, un laboratoire archéologique de Paris datera le tableau du XVIIe siècle.
L’icône montre la Vierge tenant sur son bras droit l’Enfant Jésus couronné, lui-même portant dans la main droite un globe terrestre. La Vierge est couronnée, et porte une tunique de couleur rouge, que couvre un manteau de couleur bleue. C’est l’ancêtre de la représentation de ce dogme par Rome. Le tableau est un bon exemple d’art iconographique oriental et d’influence occidentale. Il est révélateur de l’ouverture de l’église maronite sur l’Europe humaniste.


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