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Actualités - Chronologie

L'Inde, joyeuse et morose, fête les cinquante ans de son indépendance

L’Inde fête jeudi et vendredi le cinquantenaire de son indépendance, à la fois joyeuse de célébrer cinquante ans d’incontestables succès et morose face au douloureux souvenir de sa partition sanglante en 1947 et aux gigantesques problèmes freinant son développement.
«Aux 12 coups de minuit, lorsque le monde dormira, l’Inde s’éveillera à la vie et à la liberté».
Ces mots, prononcés dans la nuit du 14 au 15 août 1947 par Nehru dans son célèbre discours «Rendez-vous avec le destin» marquant la fin de l’empire britannique des Indes, résonneront à nouveau, cinquante ans après, jeudi à minuit au Parlement à New Delhi.
Cette session spéciale du Parlement de la «plus grande démocratie du monde» sera le moment fort du cinquantenaire. Elle aura été précédée jeudi soir d’une grande marche le long de ce qu’on appelle toujours l’«Avenue impériale», jusqu’à l’ex-palais du vice-roi des Indes, maintenant présidentiel, qui brillera sous les illuminations et les feux d’artifice.
Vendredi, le drapeau vert, blanc et orange sera déployé par le premier ministre Inder Kumar Gujral sur les remparts du Fort rouge des empereurs moghols dans la vieille Delhi.
Expositions, spectacles, défilés, séminaires, films rétrospective marqueront le cinquantenaire pendant un an.
Les célébrations ont débuté le week-end dernier à Bombay où les enfants des écoles ont commémoré le lancement en 1942 du mouvement «Quit India» du Mahatma Gandhi, qui avait conduit à l’indépendance cinq ans plus tard.
Si l’Inde s’est bien «éveillée à la liberté», les mots suivants du discours de Nehru restent, 50 ans après, en suspens: «Sommes-nous assez sages et courageux pour saisir cette occasion et accepter le défi de l’avenir?»
Dans le débat dont la presse s’est faite amplement l’écho ces dernières semaines, beaucoup répondent non.

Mare puante

Célèbre auteur sikh, Kushwant Singh est parmi les plus sévères: «Nous avons commencé en 1947 aussi purs que le Gange quand il entre (en Inde). Lorsqu’il arrive dans la baie du Bengale, ses eaux sont nauséabondes. Voilà ce que nous sommes après cinquante ans, une mare puante».
Salman Rushdie, écrivain britannique originaire de Bombay, parle de «désenchantement».
Aucune euphorie dans les rues, absence de dignitaires étrangers. Ce ne sera pas l’explosion de joie populaire de 1947.
On parle plus de ce cinquantenaire à l’étranger que dans l’Inde profonde, celle des villages où vivent 70% des 960 millions d’Indiens.
La moitié de la population est illettrée. Trois cent millions de gens sous le seuil de la pauvreté – paysans vivant avec l’équivalent d’un dollar par jour, familles des bidonvilles de la capitale ou «intouchables» dormant sur le trottoir à l’ombre des gratte-ciels de Bombay – passeront le 15 août comme d’habitude, à tenter de survivre.
Au Cachemire, que traverse la frontière entre l’Inde et le Pakistan séparés il y a aussi cinquante ans, au prix d’un million de morts et de 15 millions de réfugiés, on comptera les morts dans les affrontements entre forces indiennes et guérilleros musulmans.
Dans une bonne dizaine des 27 Etats et territoires du pays, les soldats tenteront de tenir en respect des groupes séparatistes aussi vieux que l’indépendance elle-même.
Corruption, montée de l’extrémisme communautaire, saleté, infrastructures déplorables, surpopulation, meurtres de femmes, travail de millions d’enfants. Les litanies pessimistes abondent.
La liste des succès, pourtant, s’allonge, faisant de ce pays un miracle permanent: l’Inde nourrit tous ses habitants, lance des satellites, forme des nuées d’informaticiens, a la technologie nucléaire. L’Inde est fière de sa démocratie, même cahotique, de sa presse libre, de sa justice indépendante. Fière que ce pays disparate et immense soit toujours un.
«Je veux exalter la chose la plus importante qui soit née il y a cinquante ans à minuit, a écrit Rushdie: L’innovation qui a survécu à tout ce que l’histoire lui a jeté à la figure: l’idée même de l’Inde». (AFP)
L’Inde fête jeudi et vendredi le cinquantenaire de son indépendance, à la fois joyeuse de célébrer cinquante ans d’incontestables succès et morose face au douloureux souvenir de sa partition sanglante en 1947 et aux gigantesques problèmes freinant son développement.«Aux 12 coups de minuit, lorsque le monde dormira, l’Inde s’éveillera à la vie et à la liberté».Ces mots, prononcés dans la nuit du 14 au 15 août 1947 par Nehru dans son célèbre discours «Rendez-vous avec le destin» marquant la fin de l’empire britannique des Indes, résonneront à nouveau, cinquante ans après, jeudi à minuit au Parlement à New Delhi.Cette session spéciale du Parlement de la «plus grande démocratie du monde» sera le moment fort du cinquantenaire. Elle aura été précédée jeudi soir d’une grande marche le long de ce...