50 ans, plus tard, l’anglais est l’une des raisons pour lesquelles l’Inde, pays de 3.287.263 km2 et de 960 millions d’habitants parlant quelque 1.000 langues, et dialectes, est toujours unifiée.
C’est le plus évident des héritages britanniques, avec les chemins de fer, l’administration et le cricket.
Il n’y a pas qu’un anglais. Il y a celui des classes supérieures, qui parlent l’anglais à la Nehru, avec l’accent «oxbridge», les différents pidgin, et l’Hinglish, mélange d’Hindi (l’une des 18 langues officielles) et d’anglais qu’inventent chaque jour les yuppies indiens.
Car l’Inde, qui a toujorus intégré les influences extérieures, a le don de la synthèse. L’anglais y est localement adapté.
Exemple: vous appelez quelqu’un au téléphone mais il n’est pas là. On vous répond qu’il n’est «pas sur son siège» («not in his seat»).
«Postérieur» («backside») n’a rien d’anatomique. Il s’agit de l’arrière d’un immeuble ou d’une maison.
L’annonce matrimoniale passée par une «innocente divorcée» ne fait pas l’éloge de sa naïveté, mais souligne que son précédent mariage n’a pas été consommé.
Un anglais vivant qui obtient ses lettres de noblesse internationales grâce à une littérature foisonnante, avec des auteurs comme Vikram Seth, Salman Rushdie et plus récemment une jeune femme, Arundhati Roy, qui a reçu une avance de 500.000 livres (800.000 dollars) de Random House pour un premier roman luxuriant, «The God of Small Things».
Pour Salman Rushdie, Britannique d’origine indienne, l’indianisation de l’anglais est une chance: «Ce caractère hybride, ce mélange, est essentiel. Cette littérature bourgeonnante est probablement la plus importante contribution de l’Inde au monde des livres».
La place de l’anglais en Inde n’est pas du goût de tout le monde. Certains hommes politiques refusent de l’utiliser, affirmant que l’hindi, parlé par environ la moitié de la population, devrait être «la» langue officielle.
Sumit Sarkar, historien, n’est pas d’accord. L’influence de l’anglais est limitée socialement, explique-t-il, mais ce «ciment des divers peuples indiens» n’est pas prêt d’être abandonné. (AFP)


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