Une telle perspective de réduction du CO2, qui s’accélérerait ensuite, permettrait aux Etats-Unis de se rapprocher de la proposition de l’Union européenne (moins 15% en 2010) de protocole à la convention Climat de l’ONU, en discussion à Bonn.
Cette étude sur «les innovations énergétiques, une voie bénéfique pour la protection du climat», a été menée pendant deux ans par cinq instituts indépendants. Elle établit que les coûts énergétiques nationaux pourraient être réduits (à échéance 2010) de 530 USD/an par foyer, tandis que près de 800.000 emplois supplémentaires pourraient être créés.
Pour cela, il faut lancer «de nouvelles politiques intelligentes qui stimulent les technologies de pointe pour utiliser l’énergie de façon beaucoup plus efficace et donner un coup de fouet aux ressources énergétiques renouvelables», note un des auteurs du rapport, Stephen S. Bernow, du Tellus Institute (Boston).
Ce rapport s’efforce de démontrer les bénéfices de l’innovation technologique par rapport au schéma actuel, jugé «inefficace et obsolète», basé sur la production et de la consommation d’énergies fossiles comme le pétrole, qualifiées de «technologies antiques».
Une boussole
L’approche politique de ces innovations est basée sur de nouvelles normes concernant l’utilisation des énergies renouvelables, les permis d’émissions, les initiatives sur les véhicules les plus performants, et des systèmes d’incitations fiscales et de taxes spéciales.
L’autre approche est technologique et s’inscrit dans la ligne définie par le président Bill Clinton au sommet de la Terre, en juin à New York (dont l’étude d’un véhicule trois ou quatre fois plus économe en carburant). Elle met en avant la nécessité de développer à grande échelle la cogénération (chaleur + électricité), l’énergie éolienne de pointe (pour faire baisser les coûts, le solaire photovoltaïque, la biomasse (pour les carburants et l’électricité), les turbines à gaz à propulsion directe, la production d’électricité par l’hydrogène, les technologies à membranes (ultrafiltration permettant d’économiser de l’énergie) et enfin une architecture intégrée exploitant toutes les synergies.
Les auteurs du rapport sont partis d’un constat; celui du caractère dommageable pour la santé et le climat de la combustion de combustibles fossiles, première cause de la hausse de 30% des concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère terrestre depuis le début de l’ère industrielle.
Ces combustibles coûtent aussi très cher. La consommation énergétique globale des Etats-Unis représente plus de 500 milliards de dollars par an. Dans le scénario actuel, la production de CO2 passe de 1,338 GtC (Gigatonne de carbone) en 1990 à 1,621 en 2010 et 1,892 en 2030. Dans le scénario innovant, la courbe commence à s’infléchir en 2000 pour atteindre 1,207 GtC en 2010 et 720 MtC en 2030. Les émissions des autres principaux polluants comme le SO2 (dioxyde de soufre) et NOx (oxydes d’azote) seront aussi nettement réduits.
«Ce rapport doit servir de boussole face à la menace du réchauffement climatique, tout en créant des emplois et en abaissant les coûts de l’énergie», selon Alden Meyer (Union of Concerned Scientists).
Une étude japonaise vient aussi d’établir qu’une réduction du CO2 de 7,6% était possible au Japon en 2010. (AFP)


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