Le professeur Neeman, 57 ans, qui n’est affilié à aucun parti politique, avait déjà été ministre de la Justice dans le premier gouvernement Netanyahu l’an dernier. Mais il avait dû démissionner un peu plus de deux mois après son entrée en fonctions, à la suite de l’ouverture d’une enquête judiciaire contre lui.
Il était alors soupçonné d’avoir fait obstruction à la justice en tentant d’influencer des témoins dans le procès du dirigeant du parti orthodoxe sépharade Shass, Arié Deri, accusé d’escroquerie et prévarication.
M. Neeman a cependant été blanchi par la justice il y a deux mois et se trouvait depuis en position de revenir au gouvernement.
Ses collègues ont toujours cru, lors de son inculpation, en la force de caractère de celui qui avait tenu à «remercier le tout-puissant» pour son acquittement.
«Il reviendra au gouvernement comme un héros, plus fort que jamais», avait alors prédit un de ses assistants.
Un travailleur
forcené
La presse a souvent mis en avant la pratique peu orthodoxe de la justice de ce professeur de droit constitutionnel et de fiscalité, membre d’un grand cabinet d’avocats de Tel-Aviv.
Travailleur forcené, «M. Neeman est prêt à tout pour défendre son client, quitte à transiger sur les principes», avait relevé lors de sa première nomination le spécialiste des questions judiciaires du quotidien Haaretz, M. Moshé Negbi.
Ancien directeur général du ministère des Finances de 1979 à 1982, M. Neeman est qualifié par ses proches d’«homme brillant, qui ne supporte pas l’échec».
Au cours de sa carrière, M. Neeman fut notamment le conseiller conjugal informel de M. Netanyahu et de sa dernière épouse, Sarah, après que M. Netanyahu ait dû confesser publiquement des aventures en 1993.
Ancien «compagnon de route» du mouvement religieux annexionniste Goush Emounim (Bloc de la foi), M. Neeman ne cache pas ses sympathies pour les colons.
Arborant la kippa des juifs observants, il participe chaque année à la prière du neuf du mois d’Av, qui commémore la destruction du temple de Jérusalem par les Romains en l’an 70 après J.C., à l’entrée du Mont du Temple. Une attitude, qui pour certains, révèle son opposition au statu quo qui établit le contrôle musulman sur le site.
Lors de son entrée en fonction, le nouveau ministre de la Justice s’était prononcé d’ailleurs pour le droit des juifs à prier sur l’Esplanade des mosquées, une revendication de l’extrême-droite sioniste. (AFP)


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