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Actualités - Chronologie

La réintégration de la France dans l'OTAN semble compromise

Le processus de réintégration de la France dans la structure militaire intégrée de l’OTAN, lancé par le président Jacques Chirac depuis 1995, paraît désormais voué à l’échec, a laissé entendre vendredi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
«Sans préjuger l’appréciation du président, il semble que les conditions posées à la poursuite du processus ne soient pas remplies», a déclaré Jacques Rummelhardt à la presse.
A Bruxelles, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a fait savoir qu’elle respecterait la décision du nouveau gouvernement français de ne pas réintégrer l’Alliance, mais qu’elle continuerait à travailler dans ce sens.
«Cette (réintégration) est une décision prise par la France et la France uniquement», a déclaré un responsable de l’OTAN, ajoutant que l’important était que la France demeurait un membre essentiel de l’organisation.
«Ce qui importe, c’est que les arrangements «ad hoc» mis en place ces dernières années continuent», a estimé un autre responsable de l’Alliance, faisant référence au rapprochement important intervenu au cours des dernières années entre la France et ses alliés en matière militaire.
L’une des conditions posées par la France était que les Etats-Unis cèdent à un Européen le commandement sud de l’OTAN, en Europe — basé à Naples. Mais le gouvernement RPR-UDF d’Alain Juppé s’est heurté à l’intransigeance américaine.
A peine acquise la victoire des socialistes aux dernières élections législatives, le secrétaire américains à la Défense, William Cohen avait enfoncé un dernier clou dans le cercueil des ambitions de l’Elysée et de la majorité sortante: «De mon point de vue, c’est une affaire réglée. Ce commandement (de Naples) est américain», avait-il asséné début juin.
De fait, avant même les élections, l’équipe Juppé semblait déjà faire son deuil de la réintégration rapide de la France dans les structures militaires intégrées de l’OTAN.
«Nous sommes allés aussi loin que nous le pouvions avec les Américains», expliquait un conseiller du ministre de la Défense Charles Millon, lors de la passation de pouvoir avec le successeur socialiste de ce dernier, Alain Richard.
«Pour le moment, nous pouvons très bien vivre avec le statu quo», avait-il ajouté.

Crise de
cohabitation évitée

On comprend mieux pourquoi le premier ministre, Lionel Jospin, qui déclarait récemment ne pas vouloir faire de la «figuration» dans les grandes rencontres internationales, a décidé de ne pas participer, aux côtés de Jacques Chirac, au sommet de l’OTAN, qui se tiendra à Madrid les 8 et 9 juillet.
«S’agissant de la France et de l’OTAN, le président de la République a pris l’initiative du rapprochement. Il est donc naturel qu’il évalue lui-même s’il convient d’aller plus loin dans cette direction», a souligné Jacques Rummelhardt.
Lionel Jospin ne tenait pas, de toute évidence, à être associé de près ou de loin à l’échec d’une politique à laquelle, non seulement, il n’avait pris aucune part, mais qu’en outre il avait dénoncée, en tant que chef de l’opposition, comme un renoncement sans contrepartie à la politique menée par la France depuis le général de Gaulle.
Dans les milieux gouvernementaux, on ne cache pas que l’échec des tractations avec les Américains arrange en fait tout le monde, en entraînant la suspension du rapprochement entre la France et l’OTAN, il élimine à moindre frais une cause possible de crise entre Lionel Jospin et Jacques Chirac.
Il permet au chef de l’Etat de sauver la face et évite à son premier ministre d’avoir à désavouer une décision relevant, en période de cohabitation, au domaine dit «partagé».
«Le premier ministre a décidé ne pas gêner le président de la République. Il faut laisser la cohabitation se mettre en place», dit-on benoîtement dans l’entourage de Lionel Jospin.
«Il ne se sent pas engagé par ce qui a été fait. Tout montre que les propositions américaines ne seront pas acceptables, donc qu’on ne réintégrera pas l’OTAN», souligne-t-on de même source.
«Ensuite, le premier ministre prendra des initiatives en étroite concertation avec l’Elysée», ajoute-t-on sans autres précisions. (Reuter)
Le processus de réintégration de la France dans la structure militaire intégrée de l’OTAN, lancé par le président Jacques Chirac depuis 1995, paraît désormais voué à l’échec, a laissé entendre vendredi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.«Sans préjuger l’appréciation du président, il semble que les conditions posées à la poursuite du processus ne soient pas remplies», a déclaré Jacques Rummelhardt à la presse.A Bruxelles, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a fait savoir qu’elle respecterait la décision du nouveau gouvernement français de ne pas réintégrer l’Alliance, mais qu’elle continuerait à travailler dans ce sens.«Cette (réintégration) est une décision prise par la France et la France uniquement», a déclaré un responsable de l’OTAN,...