«Dans le nord de l’Irak, nous avons mis un programme politique dont le but était de réduire le contrôle de Saddam sur l’Irak et de ne faire de lui rien d’autre que le maire de Bagdad», explique Warren Marik dans cette interview publiée jeudi.
«Ce type d’opération, lente et graduelle, a marché en Afghanistan et contre l’Union soviétique. Mais alors sont intervenues des pressions du plus haut niveau pour une «mort rapide» — pour un coup d’Etat à une échéance fixée — et nous avons perdu la partie», ajoute l’agent, qui a travaillé 25 ans pour la CIA avant de prendre sa retraite il y a six mois.
Selon le journal, l’ex-agent a indiqué que les pressions en faveur d’un coup d’Etat rapide étaient intervenues sous le directorat de John Deutsch, nommé à la tête de la centrale en mai 1995. Il s’est toutefois refusé à spéculer sur les raisons de ce brusque changement de stratégie.
L’ex-agent a détaillé au Post les efforts engagés en mars 1995 par la CIA pour aider l’opposition irakienne à mettre sur pied une force capable d’affronter une division de l’armée de Bagdad. Le but de cette opération était de démontrer la puissance des forces rebelles et le manque de détermination de l’armée régulière pour défendre le dictateur irakien.
Une tentative parallèle de la CIA pour orchestrer un coup d’Etat à Bagdad a cependant échoué.
Les efforts américains pour déstabiliser le régime irakien ont coûté la vie ou la liberté à «des centaines, sinon des milliers» d’Irakiens et se sont élevés à 100 millions de dollars.
Selon l’ex-agent, ses activités dans le nord de l’Irak comprenaient le largage de pamphlets ridiculisant le leader irakien, l’organisation d’entraînements pour les rebelles kurdes, et la supervision d’une vaste campagne de relations publiques dirigée contre le dictateur irakien. (AFP).


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